L'éblouissement ou comment rouler sans rien voir

Rouler sans rien voir, pas possible ? C’est pourtant ce que vous faites sur près de 400 m en quittant un tunnel ou une côte. Merci l’éblouissement !

Rouler à vélo, c’est le summum du plaisir, de la liberté et du bien-être, on n’a de cesse de vous le dire. Surtout quand on est amoureuse de la nature et des balades. Mais on vous le répète souvent aussi, le vélo comporte des dangers. Un des risques souvent sous-estimés, on vous en a déjà parlé, c’est l’éblouissement. Parce qu’on roule souvent à basse vitesse et en plein jour, on a tendance à négliger ce phénomène courant en été et en automne. Explications.

Quand on roule à du 18 – 20 km/h, c’est comme de rouler à vélo sans rien voir sur 400 m. Essayez de fermer les yeux en pédalant, vous comprendrez vite à quel point l’éblouissement à vélo, c’est dangereux.

Éblouissement à vélo, petit topo

Imaginez la belle départementale de montagne, déserte, verdoyante. Oh, un joli tunnel, envahi par la végétation. Qui apporte cette agréable fraîcheur après la grimpe… Et puis il y a le moment où on sort de ce long, étroit corridor sombre.  Le moment où on retrouve à nouveau la lumière du soleil… Sauf que ce moment n’est pas immédiat : on met un certain temps avant de retrouver une vision claire. C’est cela, typiquement, l’éblouissement.

C’est le même phénomène, cela dit, quand on roule la nuit et qu’on croise une voiture, tous feux allumés. Vous n’y voyez plus rien. Vous êtes éblouie ! Ou encore quand, en fin de journée, on gravit le sommet d’un col et on rencontre les derniers rayons d’un soleil couchant. On cligne des yeux par réflexe. A cause de l’éblouissement.

10 secondes pour récupérer une vision nette

L’éblouissement fait référence à toute situation on on éprouve une « difficulté à voir en présence d’une lumière vive ». Le phénomène est causé par une différence importante entre la « source de lumière vive » et la « focalisation visuelle » (c’est à dire l’endroit d’où on regarde). On met toujours un certain temps avant de récupérer une bonne vision. En moyenne, 10 secondes. Mais quand on roule à du 18 – 20 km/h, cela équivaut à parcourir 4,44 m par seconde. C’est comme de rouler à vélo sans rien voir sur 400 m. Essayez de fermer les yeux en pédalant, vous comprendrez bien assez tôt à quel point c’est dangereux. D’où, l’intérêt de bien se protéger.

Comment prévenir l’éblouissement à vélo ?

D’abord, c’est une question de comportement. Le premier réflexe à avoir, c’est de toujours ralentir et de serrer vers le bord de route à l’approche d’endroits critiques. Carrefours, tournants, faux-plats, sommets de cols, … anticipez les situations où vous pourriez perdre momentanément la vue. Roulez plus lentement. Histoire d’avoir le temps de vous adapter et de réagir en cas d’éblouissement.

Ensuite, utilisez les bons équipements. Les équipementiers ne tarissent pas de matériel bien adapté pour limiter les risques d’éblouissements. Le casque bien sûr (et pourquoi pas fluorescent pour les virées nocturnes), lunettes, phares de vélo (oui, les phares vous signalent auprès des voitures, qui sont plus vigilantes du coup) …

A minima, outre le casque, offrez-vous de bonnes lunettes. Elles vous protègent contre les saletés, projections de graviers et insectes, mais elles peuvent aussi vous protéger contre les éblouissements. Lunettes antireflet ou avec verres polarisants, à vous de voir. Mais ces modèles sont plus efficaces que de simples lunettes de soleil.

Et contre l’éblouissement la nuit ?

Il va de soi que vous n’allez pas porter des lunettes de soleil à vélo durant la nuit ! Par contre, vous pouvez opter pour des vêtements fluorescents et maximiser votre visibilité. Et puis, là encore, c’est une question de comportement. Inclinez la tête de côté quand vous croisez des phares, réduisez votre vitesse à l’approche des carrefours ou dans les tournants, allumez bien vos propres phares, … Assurez-vous qu’on vous voie pour éviter de ne plus rien y voir.

En cas de danger, mieux vaut, parfois, s’arrêter !

Le vélo c’est aussi anticiper, savoir garder son calme et savoir s’arrêter. Il y a parfois des situations où pour éviter ou pour corriger un éblouissement, la seule issue est de s’arrêter. Comment faire pour ne pas tomber ? Ce serait idiot de faire une chute parce que vous avez voulu éviter de chuter.

En situation d’urgence, un bon moyen pour s’arrêter sans danger, c’est d’incliner légèrement le vélo vers le pied droit (ou gauche si vous êtes gauchère) tout en freinant doucement. Ensuite, dirigez le pied (du même côté) vers le sol et prenez appui par petits pas avant de vous arrêter. Stabilisez le guidon et assurez-vous d’être à l’abri, en retrait sur l’accotement. Ne reprenez la route qu’après avoir vérifié qu’aucun obstacle ne barrait votre chemin.

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