vrai vélo

« Le cyclisme féminin, c’est pas du vrai vélo », « t’as vu les filles, elles sont pas affûtées», «tu peux pas comparer avec les mecs ». Une interview à lire jusqu’au bout!

Nous remercions Mathilde l’Azou, photographe et journaliste, pour cette interview.  Vous pourrez la rencontrer à l’événement #ASSOSwomen à Paris le 12/09/2017. Inscrivez-vous vite!

Combien de phrases de ce type entend-on tous les jours pour parler de ces cyclistes femmes qui ont fait le choix de vivre pleinement leur passion.  Ce débat sur la qualité du peloton féminin semble incessant. Insupportable même, pour celles et ceux qui s’acharnent à défendre ce milieu.

Et là, c’est le drame, tout bascule… chute de la nouvelle championne de France, Charlotte Bravard !

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Le cyclisme féminin n’est pas du « vrai vélo »?

A ce qui paraît, le cyclisme féminin n’est pas du « vrai vélo », vous savez, celui qui fait soi-disant rêver les gens à la télé. Donc, quand Julie Bresset devient championne olympique en 2012, ce n’était pas du vrai vélo ? Quand Pauline Ferrand-Prévot a remporté trois titres mondiaux (route, cyclo-cross, VTT), ce n’en était pas non plus ? Et que dire des récentes performances de Mathilde Gros, la jeune junior française qui bat tous les records sur piste ?

Depuis quand remet-on en question la qualité d’un titre mondial ? Quelque soit le niveau ou la discipline, une victoire reste une victoire, et un titre, un titre.

Les cyclistes femmes sont « grosses »?

Et puis à ce qui paraît, les cyclistes femmes sont « grosses ». Je crois que c’est la phrase qui m’horripile le plus. « Regarde, on ne voit pas leurs muscles ! » Est-ce que les gens qui prononcent cette phrase ont déjà pris conscience que les hommes et les femmes ne sont pas constitués de la même manière ? A l’image du peloton masculin, certaines sont juste plus affûtées que d’autres. Et il y a le poids des photos, qui parfois ne mettent pas en valeur ces championnes, qui pourtant loin des courses rentrent facilement dans une taille 34, voire 32. Cessons d’essayer de comparer les deux pelotons…

De plus en plus de femmes enfourchent leur vélo

Je le reconnais, je sais bien mieux interviewer des coureurs cyclistes, que monter moi-même sur le vélo. Mais je prends un plaisir fou à rouler et partir prendre un bon bol d’air en bord de mer ou sur Paris. C’est un instant pour moi, à moi, où je peux le temps d’une sortie oublier les tracas du travail et les soucis du quotidien. On voit de plus en plus de femmes prendre elles aussi leur vélo, et enchaîner les kilomètres. Quelques soient leur niveau, c’est une bonne chose parce qu’elles font fi de ce que peuvent dire les gens. Ça prend du temps, de l’argent aussi (il faut le dire)… Mais qu’est ce que c’est, comparé au plaisir de pouvoir s’évader de son quotidien quelques heures par semaine ?

Gagner sa vie à vélo?

On évoque souvent les conditions de vie des coureurs amateurs, du fait que ceux-ci doivent souvent faire un choix entre grandes études et sport de haut-niveau, que leur salaire n’est pas assez élevé et donne lieu à des conditions de vie précaires… Mais qu’en est-il des filles ? 80 % du peloton féminin ne gagne pas sa vie sur les courses de vélo. Ce qui est énorme. Cela a tendance à aller vers le bon sens, avec l’arrivée de la FDJ dans le sponsoring d’équipe féminine, avec l’organisation de grandes courses internationales…

Le chemin est encore long, mais petit à petit, le monde du vélo féminin se professionnalise, et cela fait plaisir à voir, insiste encore Mathilde l’Azou.

Crédit photo: Mathilde l’Azou.

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12 commentaires à propos de “Le cyclisme féminin, ce vrai vélo – interview de Mathilde l’Azou”

  1. Pascal Rio dit :

    Dans les années 70, 80, les femmes cyclistes pouvaient être moches, mais plus maintenant Et puis, si il fallait s’arrêter aux qu’en dira-t-on, le cyclisme féminin n’vançerait pas.

  2. Zorette dit :

     » les cyclistes femmes sont « grosses »… certaines sont juste plus affûtées que d’autres… » et c’est quoi le rapport avec le sport? parce qu’on est « gros » (et encore des cyclistes pro « grosses » j’en connais pas trop…) on n’a pas le droit de faire du vélo? pratiquer un sport professionnel? on est obligé de ressembler à une PFP ou Cromwel ou Deignan (et encore chacun ses gouts…) pour pouvoir pratiquer en pro? Est-ce qu’on se soucie de tout ça chez les hommes? à se situer à ce niveau, alors est- ce que c’est pas grave que les mecs cyclistes soient moches par exemple ?…
    et je parle pas des « cons »…
    C’est encore une affaire de machisme pur et dur et bien sûr d’argent, y a qu’à voir sur le tour de France féminin qui a été transformé en Route F., puis finalement annulé, des fois que ça fasse de l’ombre aux épreuves masculines qui se chevaucheraient…(merci ASO et l’UCI qui là s’entendent pour une fois pour ordonnancer tout ça et préserver les épreuves ASO avec les droits télé…)… et France télé qui annonce être la chaine du cyclisme féminin et qui diffuse 1 ou 2 pauvres épreuves dans l’année, quelle mascarade…… bref c’est un scandale.

  3. L'Azou Monique dit :

    Il reste encore beaucoup de chemin à faire pour que le cyclisme féminin trouve la place qui devrait être la sienne dans le vélo….mentalités à changer ……

    1. Bonsoir Monique, en effet, merci pour votre commentaire. Un travail de fond, culturel reste à faire. Certes de belles avancées « en surface » pointent à l’horizon, il faut maintenant un ancrage avec un changement de mentalité profond et durable. Bien à vélo!

  4. Jean Broudeur dit :

    La féminisation du cyclisme est une vraie chance, elle participe au développement et à la modernisation du cyclisme. Le cyclisme se professionnalise et le niveau des compétitions augmentent de manières impressionnantes chaques années. Nous verrons bientôt l’émergence de féminine de haut niveau comme peut l’etre Pauline Ferrand Prévaut en France. Les juniors, cette année, sont déjà très compétitives. La promotion du cyclisme féminin, sa professionnalisation aidera le cyclisme en général à se développer, a etre encore plus populaire et à participer à l’égalité et aux libertés où chaque etre doit pouvoir vivre sa passion sans à priori, jugement, ou frein. Les femmes dans le vélo ont un courage extremement important. Devenir cycliste de haut niveau en vélo est encore tellement difficile avec encore trop peu de course exclusive. Mais avec l’engouement et la progression du cyclisme féminin, tout va changer et rapidement.

    1. Merci Jean pour votre commentaire. En effet, cela bouge dans le bon sens mais il reste du chemin à faire. Et nous le ferons, ce chemin pour y arriver. Bien à vélo!

  5. Marie Laure Lévite dit :

    Aux armes des idées cyclistes filles !
    Je fais partie d’une commission sur le cyclisme féminin, alors donnez moi des idées! Je suis mère de cycliste fille, femme de cycliste, mère de cycliste masculin, arbitre, organisatrice… et je n’ai toujours pas de solution…alors je veux bien être porte parole de toutes vos idées, toutes allez y:-… première reunion dans une semaine !!!

    1. Bonjour Marie Laure,
      On fait une soirée débat conférence à Paris le 12/09/2017.
      https://ellesfontduvelo.com/2017/08/assoswomen-paris/
      Il y aura du bon monde, pré-inscrivez-vous!

      Vous pouvez aussi vous présenter et parler de ce sujet spécifique via notre formulaire en ligne. Les questions sont approximatives pour vous guider mais vous pouvez dévier des questions 😉

      Merci pour le soutien!
      Bien à vélo.

      1. Voici l’url du questionnaire en ligne: https://ellesfontduvelo.com/elles-font-du-velo/
        Bien à vélo!

      2. Levite Marie Laure dit :

        Ah Paris… Je crois qu’il y a déjà eu cette conférence, mais Paris et ces 5h de route quand on travaille… si vous retransmettez en video conférence je vous regarderai avec attention promis… Sinon, la provinciale que je suis attendra un résumé de ce qui a été dit 😀
        Merci pour votre travail!!!!

  6. Lirondière dit :

    Bonsoir
    Je suis un fervent supporter de cyclisme plus spécialement de l’équipe FDJ Nouvelle Aquitaine Futuroscope et quand j’entends autour de moi les énormités qui se disent sur le cyclisme féminin cela me fait mal au coeur car pour moi elles méritent qu’on les respectent, nos filles qu’elles soient cadettes juniors seniors! On est encore loin de cela malgré les avancés faites depuis quelques temps! J’ai été membre d’un club de supporter d’un pro masculin, les hommes dans ce sport n’ont pas du tout la même mentalité que ces jeunes femmes qui elles sont beaucoup plus accessible, en effet pour aillant aussi fait des photos sur les courses, les féminines se laisse plus facilement prendre avec leurs supporters que ces messieurs! Alors que l’on ne me disent pas que le cyclisme féminin n’est pas du vrais vélo et que dire des récompenses pour les filles qui sont loin loin loin loin d’être à hauteur de leur homologues masculin, là on peut se poser la question <> Elles le méritent pourtant autant quand on sait que les femmes cycliste pour la plus part doivent concilier vie professionnelle vie familiale et passion du cyclisme!!

  7. MANET dit :

    beaucoup trop de choses sont indignes de porter atteinte et de nuire au cyclisme féminin par des personnes qui méconnaissent le vélo et que les élites féminines roulent sur plus de 150 km a plus de 42,5 km/h de moyenne dans des épreuves du world tour féminin et pas tout plat , c’est dire le niveau sportif et la qualité du sport féminin qui a bien évolué;On oublie trop facilement que le record a l plus de 48 km heure réalisé par Jeannie LONGO sur la piste bien supérieur a celui d’ANQUETIL et BALDINI à leurs premières tentatives et tout le monde sait le palmares élogieux de ses 2 champions ;en vitesse 10s344 au 200m pour la meilleure actuelle;on va s’enruhmer messieurs bientot l’écart se reserre ……!!!

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