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Claire F. raconte la TEAM Mercan’Tour Bonette à Valberg, ses paysages…

Valberg mercan'tour bonette

Claire F. raconte la TEAM Mercan’Tour Bonette à Valberg, ses paysages…

La rédaction remercie Claire Favreau, l’une des deux Capitaines de TEAM @ellesfontduvelo pour la rédaction de cet article lors de la Mercan’Tour Bonette au départ de Valberg ce 16 juin 2019.

Rappel de la TEAM @ellesfontduvelo au départ de Valberg

C’est le petit mot de la rédaction pour contextualiser la Mercan’Tour Bonette 2019. La TEAM @ellesfontduvelo mixte a dû être modifiée à la dernière minute.  Un énorme grand merci à Claire B. et Claire F. d’avoir accepté la mission. En effet, Alain et Fleur Skrivan, pour raison personnelle impérieuse, ont dû, à contrecoeur, renoncer à aller rouler alors qu’ils avaient réalisé toute la reco et qu’ils sont habitués à la superbe Mercan’Tour Bonette. Merci à la solidarité cycliste!

La TEAM @ellesfontduvélo au départ de Valberg ce 16 juin 2019

 

  • Marraine : Manon Testou
  • Capitaines : Claire F. et Claire B.
  • Sponsor : DT Swiss
Valberg

Manon, Claire F. et Claire B.

Le compte-rendu de Claire F, Capitaine de TEAM @ellesfontduvelo

parcours 175 km sur la Mercan'tour bonette

Détails du parcours 175 km sur la Mercan’Tour Bonette

Valberg, oui oui on connait, on était déjà passé pour y faire une randonnée. Ça va on a dit, c’est joli.

Valberg, en voiture, c’est déjà un peu plus compliqué, ça tourne, j’ai la tête coincée entre une selle qui n’est pas la mienne et une roue autour du cou. Je manque d’air et n’arrive pas à voir plus de 150 mètres devant moi faute aux virages qui s’enchainent.
Valberg en vélo, c’est tout pareil si ce n’est que la selle est à moi et la roue aussi. Les paysages sont magnifiques et l’air tout frais comme il faut. Enfin ça c’était vrai la veille du départ surtout. Avec en plus quelques grondements d’orage dans le lointain.
J’adore.
Débarquement des vélos, remontage des accessoires et comparaison des casquettes, on se croirait le matin de Noël quand tout le monde regarde son voisin pour savoir si son cadeau est mieux que le sien. Bref, légère pression, pourquoi n’ai-je pas de pompe miniature, un guidon profilé (oui tu gagnes facile 30W avec un guidon profilé) et des roues carbones avec trois rayons ?
Les copines et copains comptent et re-comptent leurs gels. Un sans eau, un avec puis une barre et ensuite un autre sans eau. Je les regarde avec une certaine appréhension tout en entamant le paquet de noisettes prévu pour la cyclo.
Leurs poches sont finalement aussi bien rangées que les archives départementales et les miennes sont comme des pochettes surprises. Chaque fois que j’y plonge la main, elle ressort avec quelque chose d’inattendu. J’ai même sorti un crayon au milieu de la Cayolle.
Bref, dossards et choix du resto. On mélange raviolis ricotta et pizza. Veille de Granfondo, ça va, on a le droit. On enchaîne ; nuit courte, réveil tôt et café stylé. Comme l’impression d’avoir dormi dans un atelier vélo, en gros, tout pour partir du bon pied dans cette journée.

Départ à la Mercan’Tour Bonette à Valberg

au départ de Valberg

6h55, on est tellement en avance que j’oublie mes gants dans l’appartement.
6h59, tranquille sur la ligne pour un selfie copines dans une lumière parfaite. Le ciel est bleu à s’en faire mal aux yeux et le thermomètre ne dépasse pas les 9 degrés.
Conditions de départ : 10/10.

Enfin, ça, c’était avant de commencer la descente. Passé les 500 premiers mètres, j’ai l’impression d’avoir perdu le bout de mes doigts. Après 2km, j’ai les bras raides et négocier les virages est plutôt compliqué. Vivement le soleil qu’il me dégèle un peu les orteils.
Premier col, col de la Couyolle, ça mouline fort, on se réchauffe ensemble, on papote, on commente le matos, on s’échange à manger. C’est cool, ça roule.
La vallée, c’est pareil en différent. C’est du vent de face. Bon courage si t’es seule pour passer tes relais et arriver au pied du col sans avoir perdu un poumon. Certains crèvent, d’autres réparent, tout se passe comme sur des roulettes puis c’est la Bonette.

Ascension vers la Bonette

La Bonette, c’était chouette ! Enfin ça, c’est après l’arrivée que je me le suis dit tant j’ai failli abandonner trois fois. Non mais ces jambes, j’avais l’impression que l’on me les avait remplacées par des morceaux de bois. Seule j’aurai balancé mon vélo. Ah non ça c’est dans la Cayolle.
Seule dans la Bonette, j’aurai juste roulé dans le fossé en attendant que le balai me rattrape. Claire B, la seconde Capitaine de la TEAM @ellesfontduvelo est là alors je serre les dents, j’alterne entre la route et le paysage époustouflant. Aaah c’est méga beau. Allez encore dix mètres. Mais regarde ces montagnes ! Cette route va me tuer. Iiiih des marmottes. Tiens un nid de poule, ça tombe bien je commençais à trouver ça facile. Mon coeur bat à tout rompre, la tête commence à tourner serait-ce un manque d’oxygène? Il faut tenir, allez encore un peu. Qu’est ce qu’il est long ce dernier kilomètre pour atteindre la cime de la Bonette…

La descente est longue, vertigineuse mais belle de paysages incroyables

Puis tout balance. On passe de l’autre côté. Surtout attention à ne pas se tromper de route, hors de question de remonter ce truc tout de suite. La descente est longue, vertigineuse mais belle de paysages incroyables. Il y a même pas mal de neige. J’ai l’impression de voler sur les 10 premiers kilomètres de descente puis je sens mon dos se crisper, mes épaules uuh mes épaules, perdu quelques doigts par le froid pénétrant. Pas de soucis, plus que 10 bornes à tenir sans pouvoir regarder la route.
Et ravitooooo ! Bon je passe sous silence cet épisode. Je ne suis pas trop fière des mélanges que j’ai faits mais ce que j’ai ressenti se trouvait à mi-parcours entre la résurrection et le bon-vivant.

Les gorges de la Cayolle puis ascension

Du plat, du vent, ça repart et quelques relais plus tard, l’isolement. Les gorges de la Cayolle commencent. J’ai l’impression d’être submergée. Ces roches montent si haut, la rivière coule en contrebas. Rien, pas un bruit, si ce n’est celui de l’eau et des oiseaux. Et de mon cœur sûrement. 193 battements par minutes sur la première partie. Là une pensée m’obsède : « Si je ne me calme pas, j’espère trouver un cœur de rechange dans mes pochettes surprises. »
J’ai la tête qui tourne, je manque d’oxygène, je marmonne des trucs toute seule. Je cherche dans mes poches mais n’arrive qu’à y trouver des cacahuètes. Bon, si je devais décrire l’enfer, cette ascension ferait certainement partie de la description.
Pause.
A ce moment du récit, je suis obligée de faire une petite ellipse car je ne me rappelle pas vraiment de la deuxième moitié de la montée. C’était une sorte de lutte mètre par mètre dans une espèce de fournaise. Quelque chose de compliqué pour mon cerveau à justifier.
Au sommet, je m’allonge dans l’herbe moelleuse (quel changement accueillant!) et mâchouille un tube de caféine.
La descente, ça je connais. Virages à la corde et frottage de cale pied au programme, ça passe comme dans un film. A chaque virage, un nouveau paysage. C’est un des plus beaux parcours que j’ai eu l’occasion de faire. Bouche bée, j’avale une mouche, je la recrache et continue à m’extasier. Les lacs sont autant de morceaux de ciels dispersés dans les montagnes. Miroirs bleus au milieu d’étendues neigeuses et printanières, je note tous ces endroits pour y revenir à vitesse normale une autre fois.

Bientôt Guillaumes

22km. Guillaumes 13km puis 8km puis ça remonte et du vent. Pourquoi pas. Dans les cas, mes jambes savent ce qu’elles doivent faire alors ça avance bien. Ce tube de caféine m’a fait un bien fou et je suis surprise par l’énergie que j’arrive encore à développer.
Ou alors c’est de sentir la fin proche. Le temps d’y penser et c’est l’arrivée des 175 km. Vu l’heure et la température (et les cols d’avant), c’est ici que je m’arrête.

Navette pour rejoindre Valberg

Reravito, sourires, navette pour rejoindre Valberg, photos souvenirs, et même podium surprise avec Claire B.!!

On en aura eu de chouettes cadeaux. Manger encore, mais cette fois-ci du salé (mmh ok plus de sucré pour quelques jours… ou un jour au moins, et le chocolat ça compte pas hein!).

Remerciements à toutes l’équipe de l’organisation, les bénévoles (très encourageant et bien veillant), aux sponsors. Un petit bilan de course avec notre Marraine de TEAM @ellesfontduvelo Manon TESTOU (c’est promis, on partagera une belle cyclo un de ces jours!). Et hop, souffler encore un peu, monter dans la voiture et c’est reparti pour la descente vers Nice.
Sentir la douleur dans mes fesses après 8h50 sur une selle dure comme un barreau de prison. Enfin, fermer les yeux jusqu’à la maison, merci à mon conducteur-accompagnateur-ami cycliste Alain qui m’a permise de profiter de sa logistique.

Merci à ELLES FONT DU VÉLO pour cette expérience inoubliable que j’ai pu partager avec mes ami.e.s
Grand merci à Claire B et Quentin pour leur support matériel et psychologique (et pour m’avoir empêchée de balancer mon vélo)
Merci au sponsor DT SWISS (chouette bidon d’une taille indispensable quand on sait que les températures sont montées jusqu’à 38°C)
Merci encore à toute l’équipe de la Granfondo Mercan’tour Bonette dont Manon TESTOU et Laurent ELLEON.
Ah oui et merci à Jérémie chérie ♡ qui trouve toujours quelque chose à dire, à faire ou à oublier pour nous faire rire ou maintenir éveillé… !

Vive le cyclisme au féminin comme au masculin. La Bonette c’était chouette !

 

Crédit photos Claire F et ami.e.s cyclistes

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