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« Allez Séverine! » – Paris-Brest-Paris EP 1

« Allez Séverine! » – Paris-Brest-Paris EP 1

« Allez Séverine! » – Paris-Brest-Paris EP 1

L’ambiance bat son plein au moment du départ du Paris-Brest-Paris. Séverine est en mode « zen attitude » et ne s’attend pas aux premiers déboires…

Zen attitude

Cette fois-ci, c’est la bonne. Après une bonne semaine fédérale et quelques jours de repos, nous voici en route pour Montigny le Bretonneux.
Samedi 15/08 – 10h30. C’est l’heure du contrôle des vélos. Je ne réalise pas très bien ce qu’il est en train de se tramer. Le lieu a changé mais le circuit reste le même. Adieu le rond-point des Droits de l’Homme, bonjour le Vélodrome. Qu’à cela ne tienne! On fait la queue pour le contrôle des machines puis direction la remise des documents et divers maillots. Pour l’avoir fait à chaque fois avec papa, je ne vois guère de différence si ce n’est que cette année c’est pour moi! Certains sont un peu étonnés. « Ah mais, Séverine, tu le fais vraiment?? », « – Oui, oui, je vais le faire! ». Je n’ai pas de pression. Je déambule calmement dans ce vélodrome à la piste si impressionnante. Nous croisons pas mal d’amis et c’est exactement ce dont j’avais besoin. Trouver dans leurs yeux du soutien et du réconfort, histoire de me donner encore un peu plus confiance.
De retour à la maison, je m’octroie une bonne sieste avant de préparer les affaires. Zen, je vous dis… Didier, lui, est un peu plus tendu. Il faut dire qu’en plus de ses affaires, il doit préparer mon vélo et cela lui occasionne un surplus de tension dont il se serait bien passé. Je l’évite soigneusement afin d’éviter toute embrouille et c’est dans un calme royal que je m’apprête à passer ma dernière nuit de sommeil.

Dans ma bulle

Dimanche 16/08 – 8h. Séverine, cette fois-ci, il va peut-être falloir s’affoler un peu. Le départ pour Montigny est fixé pour 10h30 et je suis toujours aussi calme. Je m’étonne moi-même. Jean-Marc et Cécile, avec qui je vais former une « dream team » pendant ces 4 jours, arrivent à 10h. Nous chargeons la voiture comme nous pouvons et nous voilà en route. C’est l’heure de la séparation. Didier part dans une voiture avec son assistance et moi, dans une autre avec la mienne. Au départ, je pensais que cela allait être difficile de se séparer si tôt, que j’allais avoir besoin de son soutien jusqu’au dernier moment mais au fil des brevets, j’ai pris confiance en moi, et je me sens aujourd’hui assez forte pour affronter cette aventure sans lui. Et puis, c’est mon aventure, celle dont je rêve depuis toujours alors je m’enferme dans ma bulle, bien décidée à n’en ressortir qu’une fois la ligne d’arrivée franchie.
Dimanche 16/08 – 14h. Nous avons réussi à nous garer à proximité du vélodrome. Cela facilite le pique-nique. Mes parents nous retrouvent également. Après une tentative de sieste dans la voiture, il est maintenant l’heure de se préparer pour de bon. Didier et Papa s’élancent à 16h15, moi à 17h30. J’ai largement le temps de monter sur la ligne de départ pour les voir partir.

Le plein de confiance

L’ambiance est fabuleuse, les jambes commencent à frétiller d’envie.
16h. Départ du groupe A avec pas mal d’amis à l’intérieur. Je suis toujours aussi calme. Rien ne change par rapport à d’habitude. Je verserai d’ailleurs une petite larme d’émotion au coup d’envoi.
16h15. Cette fois-ci, c’est Didier et Papa qui partent. « Allez Chéri, allez Papa! Bonne route à vous! ». Partant dans le même groupe que Christophe et André, j’espère que Didier ne fera pas trop le chien fou à vouloir les suivre… Il verra bien après tout, je ne serais pas là pour le voir.
Il est l’heure maintenant de retourner à la voiture avec Jean-Marc afin d’effectuer les derniers préparatifs et de rejoindre mon sas de départ. Cela me rappelle les courses d’aviron de ma jeunesse. Le calme avant la tempête. Nous nous comprenons bien avec mon assistant, je sais déjà que nous allons former une bonne équipe.
Il est 16h45 lorsque je prends la route en direction du sas. C’est étrange comme je suis zen. Je suis tellement heureuse d’être là. Le BRM 1000 d’Angers m’a donné confiance. Je sais qu’il y aura des moments difficiles à gérer mais que le corps a de la ressource.

« Allez Séverine! »

Je retrouve Lydie et Odile, les filles d’Angers avec qui j’ai fait le 600. Lydie me repropose une copie de leur feuille de route mais je décline à nouveau. Elles montent bien mieux que moi et nous n’aurons pas la même cadence. Pour la sérénité de chacune, je préfère mener ma barque toute seule. Je vois ce Paris-Brest comme une aventure intérieure. Si on arrive à rouler ensemble, ce sera avec grand plaisir, et sinon, tant pis. Avec un peu plus de 5800 partants, je devrais bien trouver une roue qui me convienne.
Enfin, nous sommes dans le dernier sas et approchons la ligne de départ. Je vois Maman et Jean-Louis qui m’acclament. J’entends des « Allez Séverine! » un peu partout. Je croise également Yvan du forum et Bruno qui m’invite à le rejoindre un peu plus loin. Je fais ma blonde et je slalome à travers le peloton pour rejoindre mon pote.
17h30. 5…4…3…2…1… C’est parti!!! En route pour la grande aventure!! Il y a tellement de monde. Je vois les gens de Flins qui m’encouragent, les copains de Fleury massés au bord de la route et des « Allez Séverine » qui fusent çà et là! Waouh mais arrêtez, je vais encore pleurer!!
Ce moment est assez impressionnant et ce qui l’est encore plus, c’est l’allure à laquelle je file avec Bruno. Nous devons avoir le vent dans le dos pour aller à cette vitesse-là. Tout le monde m’avait prévenue en me disant de ne pas me faire piéger et moi, je file à toute vitesse. Une vraie gamine! De toute façon, je sais que la 1ère difficulté va vite me calmer.

La côte de Montfort l’Amaury: attention la chute

Je ne pense qu’à elle depuis des semaines lorsque je monte une bosse: la côte de Montfort l’Amaury… Geneviève m’avait pourtant rassurée en m’expliquant que je ne la sentirais même pas, mais moi, je fais un blocage. Arrivée au pied de mon Everest (allez savoir pourquoi cela me faisait autant peur que le Roc Trevezel), je me sens bien. Le compteur affiche un bon 29 de moyenne.
Nous attaquons la grimpette avec Bruno lorsqu’un Italien, manchettes et jambières blanches, se retrouvent à notre hauteur. J’essaye de me mettre en danseuse pour le dépasser car il me gêne et ne roule pas droit. Je le double, mais il me redouble et me re-gène à ne pas rouler ni droit ni régulier. Il me fait peur. Arrivée en haut de cette bosse à laquelle finalement j’ai survécu, je rentre sur Bruno qui s’était échappé et lui propose d’accélérer un peu pour semer cet italien une bonne fois pour toute. Je m’engage pour le dépasser quand le bougre fait un écart monumental et vient accrocher son guidon dans le mien. Je suis à terre en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Je devais être à 30 km/h, je peux vous dire, que j’ai fait un joli soleil sur la route. L’espace de 5 secondes, j’ai vu mon Paris-Brest fichu, anéanti par cet idiot d’italien…
J’hurle tout ce que je sais d’autant plus que le saloupiot est reparti sur son cheval. Heureusement que Bruno est là et qu’il m’aide à me relever. Inspection rapide: je plie les membres, je ne saigne pas trop et mon vélo, après remise en état du cintre, a l’air apte à repartir. Zou, en route, c’est qu’il y a encore du chemin! Je suis sonnée. La jambe et le coude me brûlent mais je dois attendre que ça se calme. Je n’ai rien de cassé, c’est le principal. Dire que tout aurait pu s’arrêter, dans cette côte qui me faisait si peur. Je le maudis cet italien!
Bruno reste quelques kilomètres avec moi, histoire de voir si je vais bien puis prends la poudre d’escampette dans les petites bosses qui nous emmènent à Longny au Perche. Salut Bruno, bonne route l’ami!

Avec sa saga « Paris-Brest-Paris: un rêve de petite fille devient réalité », Ellesfontduvelo vous invite à suivre l’incroyable défi sportif de Séverine Devolder sur le Paris-Brest-Paris. Un parcours de 1200 km à vélo en moins de 90 heures, un rêve de petite fille qui est devenu réalité.

Épisode suivant: Seule face à son défi

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