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Le vélo urbain au féminin: un enjeu d’utilité publique

Le vélo urbain au féminin: un enjeu d’utilité publique

Le vélo urbain au féminin: un enjeu d’utilité publique

La ville est-elle un espace égalitaire pour pratiquer le vélo urbain? Décisions, aménagements et pratiques au crible du genre et des clivages sociaux.

Différentes études confirment aujourd’hui un lien très net entre les enjeux d’égalité des genres dans la ville et l’utilisation de l’argent public en matière d’aménagements urbanistiques. En ligne de mire, entre autres, l’usage encore non égalitaire du vélo dans un espace urbain fait par et pour les hommes et régi par des habitudes sociales clivées.

La ville, un espace androcentré?

En quoi l’espace urbain est-il androcentriste et androcentré? Pour faire court: les décideurs, acteurs politiques et responsables restent en grande majorité des hommes qui officient à travers les œillères de leurs privilèges et font les beaux jours de l’hégémonie masculine dans la ville. C’est un des constats de la journée d’étude consacrée au sujet du genre dans l’espace urbain organisée à Rennes au début du mois.
Un exemple parmi d’autres. Investir des sommes astronomiques dans la construction d’un stade de foot prêt à accueillir 60.000 personnes, comprenez 58.000 hommes pour seulement 2.000 femmes. Tout le monde applaudit. Mais ferait-on les mêmes dépenses pour un aménagement dédié à des activités pratiquées majoritairement par les femmes? C’est là que le bât blesse.
Et que les couches d’inégalité se superposent. Car si on n’apprend pas aux petites filles à taper dans un ballon, c’est parce qu’on décrète que ce n’est pas une activité faite pour elles. Et si la visibilité du foot féminin est quasi inexistante, c’est pour les mêmes raisons. Conclusion: clivage des centres d’intérêt et des loisirs, déficit d’apprentissage et queue de peloton assurée pour les femmes dans l’espace urbain.
Entre confiscation de fait du pouvoir décisionnel en matière d’aménagements urbains par les hommes et assignations sociales de genre des petites filles et des petits garçons dès le plus jeune âge, la ville ne cesse d’alimenter des mécanismes de séparation qui s’entretiennent entre pairs.

Le vélo, pas si inclusif en ville

Et le vélo dans tout ça? À qui profite-t-il en ville? En priorité aux jeunes hommes, et ce malgré la vague positive de l’écomobilité et des moyens de transports alternatifs dans l’espace urbain.
Un simple repère. Aujourd’hui encore, les ¾ des femmes ont la charge des courses et du transport des enfants. Et pour pouvoir assurer ces déplacements, elles utilisent jusqu’à trois fois plus la voiture que les hommes. En pratique, donc, les freins au vélo urbain sont plus importants pour elles.
Ce qui veut dire que tant que la ville ne proposera pas des parcours balisés, praticables et sécurisés pour des dispositifs de déplacements à vélo incluant les déplacements utilitaires à charge des femmes, alors la ville à vélo ne pourra toujours pas prétendre être une ville égalitaire.
Comme le dit si bien Geneviève Letourneux, conseillère municipale à Rennes chargée du droit des femmes et de l’égalité: « l’inégale appropriation de l’espace public est le révélateur de la place faite aux femmes dans notre société ».

Mais c’est quoi, alors, le vélo urbain au féminin?

Tout simplement un vélo accessible à toutes et tous. Un vélo pour s’approprier ou se réapproprier la ville de façon agréable et pratique, pour assurer tous nos déplacements, y compris les déplacements utilitaires et familiaux. Nous sommes nombreuses sur Ellesfontduvelo à pouvoir en témoigner: le vélo urbain au féminin est un vélo vecteur d’autonomie et de liberté. Ni plus ni moins. Un vélo qui tient les promesses de la mixité sociale (également intergénérationnelle) pour une véritable amélioration de l’ambiance et de la mobilité urbaines.
Et vous, Mesdames, avec bonne humeur ou détermination? La ville à vélo, vous l’apprivoisez comment?
Crédit photo: Amelie Bonnet Villalonga, huckmagazine.com

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Commentaires (5)

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    Vincent

    > Et que les couches d’inégalité se superposent. Car si on n’apprend pas aux petites filles à taper dans un ballon, c’est parce qu’on décrète que ce n’est pas une activité faite pour elles.
    Ça se discute. Après tout, que ça nous plaise ou non, nous avons *aussi *une part biologique en nous. Pas *que*, mais *aussi*.
    Si le sport compétitif ennuie la majorité des filles/femmes (et une partie des garçons/hommes), pourquoi les forcer? Pareil pour les filières/métiers très techniques.
    > Et le vélo dans tout ça?
    De fait, le taux de femmes sur un vélo est un bon indicateur de la qualité des infrastructures vélo.
    Autant dire que la France est trèèèèèèèèèèèèèès loin des régions les plus avancées que sont les Pays-bas, le Danemark, la Flandre ou même l’Allemagne.
    PSA/Renault/Total. Explication possible.
    > Et vous, Mesdames
    C’est un homme qui a rédigé cet article?

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    Dans une ville comme Paris, la pratique du vélo pour une femme est aussi un excellent moyen d’échapper en partie au harcèlement de rue qui sévit de plus en plus. J’ai toujours trouvé qu’il était beaucoup plus facile en tout cas de l’ignorer, ou d’y répondre à la hauteur de l’indignité qui m’était faite, du haut de ma selle que sur mes 2 pieds.

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    vs

    Cet article à la con franchement. Utilisation de termes sans aucun sens ( se réapproprier, non mais sérieux…) pour au final pleurnicher….sauf que l’on a zéro exemples du pourquoi le vélo est inéglitaire pour les femmes. Vous ne servez pas la cause féministe.

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