triathlon L alpe huez Christine Dugelay

Triathlon L de l’Alpe d’Huez 2018:  un triathlon exigeant que la chaleur a rendu infernal ! Découvrez mon récit. Je l’ai terminé, mais c’était dur.

Départ du triathlon L du TIME Triathlon Alpe d’Huez.

Arrivée tranquille vers 8h au parc à vélo du lac du Verney, je me trouve particulièrement détendue, ce qui contraste fortement avec la tension interne que je ressens depuis 2 jours, ce fameux stress de la course qu’il va me falloir transformer en énergie positive.

Je papote avec ma voisine de parc à vélo, prends le temps de très bien mettre ma combi, sans que le cuissard boulotte, manger et boire. On nous annonce l’eau à 18,4 degrés… génial ! Moi qui redoutais tellement de souffrir du froid de l’eau aux extrémités et à la tête… je suis ravie. Ce que je ne réalise pas encore c’est qu’en contrepartie on va aussi avoir TRÈS chaud toute la journée !

La natation du triathlon L: 2500 m avec mon extra…

À 9h15, briefing de course et mise à l’eau des triathlètes… et c’est là que ma natation dérape sans que je n’ai le temps de comprendre ce qui m’arrive. Nous sommes nombreux et cela prend du temps de descendre dans l’eau, j’entre dans le dernier tiers, remets une dernière fois mes manches bien en place en m’aidant d’un filet d’eau et commence à nager vers la ligne de départ qui est à une cinquantaine de mètre…

Mais voilà que pendant que je nage je vois l’eau qui mousse sur la ligne de départ et je comprends que le départ vient d’être donné, sans moi !! Je tourne la tête à gauche et aperçois qu’il y a encore des athlètes qui entrent dans l’eau…je suis dépitée, moi qui voulais nager dans les pieds pour gratter un peu et m’économiser… en passant sous la ligne je mets mon Garmin en route…. Tant pis pour l’écart avec le chrono officiel, je ferai ma course…

Du coup sur toute la natation je remonte des nageurs, mais je ne m’attarde pas car rester dans les pieds de ces nageurs-là serait contreproductif. J’ai la sensation de ne pas trop mal nager mais je ne sais pas où j’en suis car le soleil m’empêche de lire ma montre… finalement je sors de l’eau en quasi 55’ (contre les 48’ max escomptées) mais j’ai 2500m au compteur…. La distance prévue en natation sur le triathlon L est de 2200m. Décidément ce n’est pas mon jour de natation.

Pendant la transition du triathlon L

Je rumine pendant la transition, me bats avec les herbes sèches qui me collent aux pieds et enfourche mon vélo. Ca attaque direct en montée, je gère prudemment… et comme mon cerveau est encore perturbé par cette histoire de natation ratée, je décide de tordre le cou à ces pensées négatives qui tournent : cela donne « OK bon ma grande, tu as fait une grosse daube en natation mais tu as quand même nagé correctement, y’a plus rien à faire pour arranger ça, impossible de faire reset et de recommencer à zéro… donc concentre toi sur le reste de la course et ça va bien se passer ».

La partie vélo du triathlon L: 118 km

Sur la première partie jusque Allemont, je me trouve coincée derrière un gros camion qui finalement s’arrête et m’empêche de passer… je repeste…. le dépasse… et la course commence enfin. Sur la route qui descend à Séchilienne je suis bien, je m’applique à bien pédaler, les jambes répondent bien, seul un petit vent vient gâcher un peu le plaisir.

J’arrive à Séchilienne avec un peu plus de 35 de moyenne au compteur, mieux que sur la reco avec Claire-Sophie pendant laquelle on s’était relayées … ça me donne de la confiance.

Dans la montée à la Morte, le grand et seul kiffe de la journée, les jambes sont là, aucun doute, exactement comme je les attendais compte tenu des bonnes sensations de ces dernières semaines à l’entrainement comme dans la période d’affutage. Du coup, je monte d’un bon petit rythme, dépassant tranquillement mais surement tous mes targets, mon jeu préféré pour faire passer le temps dans les cols quand je suis bien.

Recharge des bidons à la Morte et ça bascule, à fond dans la descente, je ne sais pas faire autrement et comme j’ai déjà reconnu la route je sais où sont les virages dangereux… je poursuis mon effort dans la vallée, avale le col de Malissol sans sourciller… jusque là tout va bien.

triathlon L alpe d'huez

Au ravito, je m’amuse des gamins qui proposent de l’eau et des gels, ils sont visiblement ravis d’être là et d’aider.  Ils me font sourire. Et il y en aura d’aussi motivés à presque tous les ravitos. Je trouve ça chouette qu’on les autorise à participer comme bénévole, si jeunes.

La chaleur accablante du triathlon L

Ce n’est qu’en arrivant au pied du col d’Ornon que je réalise qu’il fait vraiment chaud. Et cette chaleur m’accable… moi qui avais imaginé pouvoir envoyer dans ce col, m’étant trouvé bien timide lors de la reco, je me trouve littéralement collée à la route au propre comme au figuré : mes pneus font « scouitch » sur le goudron et je me surprends à me demander si c’est le tubeless qui génère ça (je roule en tubeless depuis 2 semaines), ce qui avec du recul est évidemment débile. Je crois que le goudron colle un peu…

Cette montée est longue, mon cardio plafonne, je n’ai pas mal aux jambes mais je n’ai pas de puissance. Ce n’est pas la catastrophe mais c’est long… je n’arrive pas à trouver un rythme.

Au sommet du col, au ravito plus de bidon, plus de boisson isotonic… je suis rattrapée par le doute, je suis donc si loin dans le classement que le ravito est dévalisé ?

Bon pas le temps de trop réfléchir, ça bascule et c’est la descente que je préfère sur le parcours. Je mets les gaz y compris sur le plat jusque Bourg d’Oisans. Je sens que je récupère ça va beaucoup mieux. C’est assez confiante que j’attaque la montée de l’Alpe d’Huez. Jusqu’à la Garde je me trouve même plutôt bien.. Mais assez rapidement je ressens à nouveau les effets de la chaleur. Le cardio plafonne, les jambes moulinent mais il m’est difficile de monter en puissance… je vais donc gérer mon effort en conséquence, y aller tranquillement mais surement, essayer d’arriver le plus fraîche possible au sommet.

À chaque virage, je m’astreins à boire 2 gorgées, c’est facile puisqu’ils sont tous plats. Je double beaucoup tout au long de cette ascension, c’est plutôt encourageant.

La chaleur accable tous les athlètes

Et le spectacle façon Étape du Tour commence à partir du virage 10 : cyclistes arrêtés à l’ombre, reprenant leur souffle ou se massant les cuisses pour faire passer les crampes, grappes humaines sur les petites cascades d’eau qui dévalent au bord de la route et apportent une divine fraîcheur, cyclistes à pied… Bref, il y a du dégât. Ne pas se laisser gagner par cette ambiance et ne pas poser pied à terre sont mes seuls objectifs.

Je monte à un rythme correct, un peu en-dessous de ce que j’avais prévu, mais il n’y a pas de catastrophe. Cela dérape dans ma tête à 3 km de l’arrivée. Je me visualise en train de poser le vélo et ça me fait bien plaisir mais je ne sais pas du tout comment je vais trouver la ressource pour courir et ça me fait bien flipper. Du coup inconsciemment, je ralentis et je crois bien et je me traîne sur cette portion.

Transition vers la course à pied du triathlon L

À la transition, je ne cours même pas… je marche! Je récupère mon sac à eau et mes baskets, demande au bénévole où est la sortie et si, par hasard, il n’aurait pas envie d’aller courir à ma place…ça n’a pas eu bien l’air de l’amuser… bon ben tant pis j’y vais moi alors, pas le choix.

La partie course à pied: 20 km

Premier constat, je n’ai absolument pas mal aux jambes mais je n’avance vraiment pas vite, je n’arrive pas à accélérer et le cardio plafonne encore. Moi qui m’étais visualisée attaquant la CAP au taquet compte tenu des très bonnes sensations que j’avais sur mes enchainements à l’entrainement…encore raté. Au bout d’un km le circuit passe devant la résidence des Bergers… et là mon cerveau divague… je me vois déjà dans l’appart que nous avons loué au deuxième étage, à prendre une bonne douche bien fraîche et à m’allonger encore mouillée sur la couette toute douce…what ? mais si tu fais ça ma belle tu es DNF… juste parce que tu as eu envie d’un peu de confort… alors que tu es là pour te battre contre toi-même, que tu l’as choisi, voulu et que tu t’es entraînée pour….no way !

Un jour, c’est sûr tu seras DNF (Did Not Finish) mais il faudra que tu n’aies rien à te reprocher… pas juste une petite fracture du moral temporaire… Sur une grosse panne mécanique ou un vrai accident physique OK mais sinon no way ! Bref, je chasse la fausse bonne idée et continue à trottiner pathétiquement. Que disait coach Eric hier… ah oui… si tu n’arrives pas à courir au début laisse toi un peu de temps, les jambes vont revenir…. Allez, on y croit… bouge Christine, on verra s’il a raison.

Après avoir marché dans la première petite côte, je continue à trottiner. Au ravito, un verre de coca et un verre d’eau sur la tête et là je commence à me sentir un peu mieux. Je décide qu’il est temps de courir vraiment en entamant la route de Sarenne. Après le demi-tour, le vent de face apporte une vraie fraicheur, au moins psychologique.

Au ravito, je m’arrête encore, même scénario, que je vais reproduire à tous les ravitos sans en manquer un seul : boire un verre de coca, se verser un verre d’eau sur la tête. Je vais aussi me forcer à chaque tour à avaler un gel alors que rien que l’idée de ce truc hyper sucré et pâteux me dégoute mais c’est un mal nécessaire pour avoir assez de carburant pour finir la course.

Je trottine dans la montée en virage en goudron… je suis la seule… autour de moi tout le monde sans exception marche… Je ne dois donc pas être la seule à trouver ça dur… mais moi, je cours et je me félicite (c’est beau l’auto-motivation), je repense à tous ces entrainements en CAP que j’ai fait ces derniers temps et aux bonnes sensations que j’avais et je me félicite encore… si tu es encore capable de courir quand tout le monde marche, c’est aussi parce que tu t’es bien entraînée.

L’air se fait rare, il fait très chaud, c’est dur… entre les ravitos je bois l’eau de mon sac… quelle bonne idée ce sac quand même ! Dans la descente, j’arrive même à courir à 12km/h (ouah quel exploit !). Bizarrement après le dernier km, le faux plat et les petites montées jusqu’au parc à vélo me paraissent beaucoup plus facile… et ça repart pour la même boucle, la même incapacité à courir dans le premier petit raidillon…les mêmes pensées et l’envie de faire un peu mieux à chaque boucle puisque la dernière me conduira sur la ligne d’arrivée.

Passage de la ligne d’arrivée du Triathon L

arrivée time triathlon L Alpe Huez

Cette ligne que je franchis avec un plaisir non feint en 10h00… très très loin du chrono que j’avais imaginé…mais très contente d’être finisher compte tenu des 321 abandons, soit 30% de l’effectif ayant pris le départ (1075), en 543ème position au scratch. Et cerise sur le gâteau, avec le 384ème temps en CAP… ah ah comme quoi il vaut mieux trottiner que marcher !

Je n’ai pas fait la course que j’avais rêvée, je m’étais imaginé en profiter tout le long compte tenu des excellentes sensations de ces dernières semaines. Mais la météo en a décidé autrement et avec un peu de recul je me suis enfin décidée à être fière de ce que j’ai accompli. Découvrez la vidéo du triathlon L.

Pour les filles qui veulent se lancer dans le triathlon je recommande d’attendre un peu avant de s’aligner sur cette course : elle est quand même très dure!

Crédit photo pro: Cyrille Quintard via le service presse @alpedhuezpresse

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Un commentaire à propos de “Triathlon L de l’Alpe d’Huez 2018, finisher malgré la chaleur”

  1. DEPREZ dit :

    Merci pour ce récit et le partage des sensations et surtout un grand bravo pour cette performance. Sportivement. Marie-Agnès

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