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Etape 2 de notre diagonale de France : Dunkerque – Menton

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Etape 2 de notre diagonale de France : Dunkerque – Menton

Diagonale de France : Dunkerque – Menton. Découvrez le récit de notre seconde étape à vélo, en couple. 290 km de Chaource à Château Gaillard.

Retrouvez notre première étape de cette diagonale de France à vélo, dunkerque – Menton dans mon article précédent.

Étape 2 de la diagonale de France : Chaource – Château Gaillard

290 km

L’avantage de dormir dans un hôtel « classique », c’est qu’il y a possibilité de négocier pour obtenir un petit-déjeuner de bonne heure et celui de Chaource ne fait pas exception à la règle. La gérante, la veille, m’avait tout expliqué pour que nous puissions être autonomes à l’heure dite. C’est donc avec le ventre plein que nous nous élançons à 5h05.

diagonale de France à vélo

Pas le temps de s’échauffer pour cette seconde étape de notre diagonale de France que nous grimpons déjà. Il fait encore bien nuit et je ne suis pas trop rassurée de traverser la pleine campagne. J’ai l’impression de voir du gibier partout sur les accotements.

La feuille de route est établie à 19 de moyenne mais je suis loin de rouler à cette vitesse avec toutes ses bosses. J’essaye de faire abstraction de l’heure mais ce n’est pas facile. Quand nous prenons du retard, j’ai du mal à me détacher de la montre…

Le lever du jour est de toute beauté dans les collines bourguignonnes. Nous avons encore beaucoup de mal à nous dire que nous avons déjà traversé bon nombre de départements.

A partir de Montbard, nous sommes confrontés à la circulation. Ce n’est pas facile de grimper au milieu des camions. Heureusement, quand j’ai pu, j’ai tracé notre route sur de petits axes parallèles en suivant le parcours de notre diagonale de France. J’en souris encore en écrivant ces lignes mais sur le coup, mes jambes rigolaient beaucoup moins !! La petite route empruntée entre Montbard et Semur en Auxois valait le détour ! Le GPS s’affole un peu en affichant le pourcentage du raidard !

Nous arrivons au centre commercial de Semur à 9h30. Finalement, nous collons à 10 mn près au planning. A la boulangerie, je me réjouis déjà de manger un bon panini rempli de fromage tout filant. Quelle ne fut pas ma déception à l’annonce de la vendeuse : « Les sandwichs ne sont pas encore arrivés, il n’est pas l’heure…» Ah oui, effectivement, excusez-nous, nous sommes un peu décalés niveau horaire…

Il fait déjà très chaud et le relief ne m’est pas favorable. Didier fait de son mieux pour m’épauler. Depuis le 1200 de Bordeaux, mon corps ne réagit plus très bien à la chaleur… « Dis Chéri, ça ne te fait rien, toi cette chaleur ? Tu fais comment quand ça t’empêche de manger et que tu n’arrives plus à boire l’eau chaude du bidon ? » J’obtiendrai pour seule réponse « J’sais pas, j’connais pas…» Me voilà bien aidée avec ça !

Les bosses continuent de s’enchainer sous le soleil et nous arrivons tant bien que mal à 13h à Bligny sur Ouche. J’ai faim, j’ai soif et pourtant, une fois dans la boulangerie, rien ne me fait envie… J’essaye la quiche et le flan mais j’ai beaucoup du mal à avaler. Je trouve seulement un peu de réconfort auprès des sodas bien frais… « Chéri, je crois que j’ai un souci… Il va falloir gérer… »

La gestion passe d’abord par une petite sieste au coin de la table (qui devait être ronde d’ailleurs !!). Didier me réveille au bout de 20 mn car il nous reste encore pas mal de chemin à parcourir. Je ne me sens pas bien vaillante et ce n’est pas la bosse qui s’annonce qui me remonte le moral… Heureusement que je sais que c’est la dernière difficulté de la journée…

diagonale de france à vélo Bernard

Nous nous élançons à peine dans la descente au milieu du vignoble bourguignon qu’une voiture nous accoste. C’est Bernard Faivre, un SARiste régional venu à notre rencontre… Ne pouvant pas encore pédaler pour raison de santé, il se propose gentiment de nous offrir un rafraîchissement… L’initiative est très généreuse mais ce que je vois en premier, c’est ma montre… « OK Chéri, on s’arrête, mais vite ! » Pauvre Bernard, je n’ai pas du lui paraître très sympathique.

severine à la diagonale de France

Moi qui prône le partage et la convivialité à qui veut l’entendre, je n’ai su lui dire que « vite, vite nous sommes pressés »… Avec le recul, j’ai un peu honte mais sur le coup, les 45 mn de retard que nous avions m’obnubilaient… Pardon Bernard !

La traversée de Chalon sur Saône se passe mieux que nous l’avions imaginée… j’ai toujours ce même problème pour manger. Je demande une petite pause pour me restaurer et Chéri s’agace… « Tu fais comment toi quand tu ne peux plus manger en pédalant ?? » « J’sais pas, j’connais pas !! » C’est dans ces moments là qu’il ne se rend pas compte à quel point il est costaud ce Chéri. A chaque fois que je lui demande comment il gère tel ou tel problème, j’ai la même réponse en retour : « j’sais pas, j’connais pas ! » Cette petite phrase deviendra la réplique phare de notre diagonale de France.

Nous atteignons Simandre – km 205 peu après 17h. Il fait très chaud, j’ai faim mais je n’arrive pas à avaler. En fait, je ne salive plus… 3 tomates font mon repas avec du lait concentré et un gel énergétique… C’est maigre… 50 minutes de pause et il nous faut repartir. Il nous reste encore 85 km avant d’atteindre l’hôtel.

Le relief a bien changé. C’est maintenant tout plat. Je me sens mieux. Petit à petit, nous grignotons du temps sur notre heure de retard. Nous reconnaissons les directions des routes que nous empruntons sur les Flèches Vélocio. Romenay, Pont de Vaux… Nous échangeons nos souvenirs tels de vieux guerriers et les kilomètres défilent. Lorsque nous arrivons à Montrevel en Bresse où nous avions prévu de diner, l’orage gronde au loin… Nous n’avons pas envie de nous arrêter si tôt et poussons jusqu’à Bourg en Bresse. Nous nous recalons ainsi sur notre feuille de route et prenons même de l’avance… Je retrouve le sourire mais pas la salive…

severine à la diagonale de France

Au Mc Do, j’explique mon cas au serveur… « Un steak sans pain et pas trop cuit, s’il vous plaît » On ne me servira qu’une vulgaire semelle archi cuite que je n’arrive même pas à détremper en sirotant mon coca… Bon, au moins ici, il y a des glaces ! Je reprends des calories et de la fraîcheur par la même occasion !

Nous repartons de Bourg en Bresse à 20h50 et nous sommes à 30 km de notre hôtel. Tout irait parfaitement bien si l’orage au loin ne devenait pas si menaçant. La sortie de la ville est un peu épique avec un GPS qui ne sait plus où donner de la tête. Nous nous en sortons tant bien que mal après une bonne séance de jardinage…

Le ciel est noir, le vent s’est levé. Je commence à m’inquiéter lorsque je sens Chéri anxieux… L’heure n’est plus à la plaisanterie. On pédale de bon cœur mais plus nous avançons et plus nous fonçons droit sur les éclairs… L’inquiétude est à son comble lorsqu’en franchissant un dos d’âne, nous entendons comme un bruit de ferraille. 1ère réaction de Didier : se retourner vers moi et me fusiller du regard ! « Heu, non, Chéri, je n’ai pas fait de bêtises, je crois que le bruit vient de ton vélo… » Il ne lui a pas fallu 3 secondes pour comprendre qu’il y avait de la casse dans sa roue arrière… Bon, cette fois-ci, c’est bon, j’ai la trouille… Les éclairs déchirent le ciel, la roue arrière de Didier est en vrac, c’est un peu la panique dans ma tête. Nous n’échangeons pas beaucoup de mots jusqu’à l’hôtel que nous atteignons comme prévu à 22h25. Le petit gars à l’accueil est bien arrangeant. Il nous case dans une chambre au RDC et nous assure que nous pourrons prendre un petit déjeuner à 4h45. Il doit se charger de prévenir son collègue.

Dans la chambre, la réparation de la roue s’organise. La jante n’a rien, il s’agit juste que de la casse d’un rayon et Chéri-mécano a tout ce qu’il faut dans les sacoches pour réparer avec lui sur notre diagonale de France. En 20 mn, plus rien n’y paraît et tout est revenu dans l’ordre.

Une bonne douche, un Fortimel et au dodo… Demain est un autre jour…

Vous retrouverez la troisième étape de notre diagonale de France dans mon prochain article! Bien à vélo.

 

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