femmes cyclistes explore corsica

On peut mieux faire ensemble pour l’équité dans le sport et le cyclisme.  Voici quelques pépites sexistes vécues par les femmes cyclistes cette saison, des « classiques ». Elles sont fréquentes et variables en intensité. Améliorons-nous en 2019 et évitons que cela ne se répète encore et encore.

Merci à toutes les contributrices du magazine ELLES FONT DU VÉLO, et plus particulièrement à Christine Dugelay, qui nous ont aidées dans la mise en place de cette liste de points à vérifier pour tendre vers une cyclosportive plus équitable.  La liste n’est pas exhaustive, n’hésitez pas à la compléter.

Des inégalités trop souvent répétées.

Elles ont du caractère. Elles en veulent. Les femmes sont fortes.  Mais face à ces inégalités, fréquentes et quasi permanentes, entre hommes et femmes, parfois, les féminines se découragent, elles se plaignent ou elles enragent.  L’important pour 2019 est de tendre vers l’équité et de s’améliorer. Notre liste est un mémo, un pense-bête pour éviter d’oublier.

On vous a fait un petit topo des choses à éviter, basé sur notre expérience cycliste 2018.

Utiliser des visuels strictement masculins

On a des tonnes d’exemples, sur les affiches, dans les magazines, sur les réseaux sociaux. Les femmes cyclistes sont « évincées » de la discipline sportive. Elles n’existent pas.  Et parfois, quand le magazine le signale en « commentaires », ce dernier peut être simplement « supprimé ».  Même pas pris la peine de répondre. Juste supprimé. Nous faire disparaitre, tout simplement. Quelle violence.

  • Résultat : les femmes cyclistes doivent faire un effort supplémentaire dès l’inscription, pour passer outre la mauvaise communication, car elles ne sont mêmes pas représentées.
  • Solution : pour le même prix, il suffit de faire des visuels avec un homme et une femme ou des visuels neutres, sans représentation de cyclistes. Dans le triathlon, ils s’en sortent nettement mieux que le cyclisme, d’ailleurs.

pépites sexistes cyclisme

Avoir un nombre de catégories hommes supérieur au nombre de catégories femmes

Comme il y a moins de femmes qui roulent que des hommes, pour économiser des prix et du temps, l’organisateur rogne et économise sur les catégories femmes. Elles se retrouvent injustement, mais tout à fait consciemment, placées dans une mauvaise catégorie.  Ainsi, une femme cycliste de 49 ans roule dans une catégorie avec des féminines à partir de 28 ans.

  • Résultat : perte de motivation chez les femmes cyclistes face à un classement effectué consciemment par la cyclo sur des catégories « déloyales ».
  • Solution : faire autant de catégories que les hommes.

Avoir des ravitos bien fournis pour les 2/3 des participant.e.s seulement

On le sait tous bien, les femmes n’ont pas la même force musculaire que les hommes.  Par contre, les femmes ont la fringale au ravito aussi.  Quand on passe dans les dernières et qu’il n’y a plus de quoi se sustenter, c’est juste pénible.

  • Résultat : les derniers et dernières, bien souvent les dernières, puisent dans leurs réserves pour terminer la cyclo avec une perception de pénibilité accentuée par le manque de ravito.
  • Solution : garder du ravito pour les dernier.e.s et ne pas tout mettre à dispo en début de course.

Remettre des prix de valeur différente entre les gagnants hommes et femmes

L’homme va gagner un cadre vélo et la femme va gagner un bon gros jambon. C’est du vécu et cela se passe aussi chez les pros, d’ailleurs, cfr le Tweet de la Musette.

  • Résultat : sentiment d’injustice chez les féminines qui ont fourni le même effort que les hommes.
  • Solution : faire des prix équivalents chez les hommes et les femmes.

Évitez les bijoux pour les femmes cyclistes.  Vous pensez lui faire plaisir ? Notre conseil :  intéressez-vous à ce qu’elles veulent réellement au lieu de « penser » à leur place.

Prévoir la remise de prix femmes sans attendre le retour des femmes de cette caté

Cela peut faire sourire mais comme les femmes roulent bien souvent moins vite que les hommes, elles arrivent donc plus tard à la remise des prix.

  • Résultat : sur le podium, on retrouve une femme, la plus rapide d’entre elles, mais les autres sont encore sur leurs vélos.
  • Solution : il suffit de s’assurer que les femmes soient bien rentrées du parcours pour faire la remise des prix.  Un appel au micro ou coup d’oeil sur les chronos devraient faire l’affaire.

femmes cyclistes podiums

Un récit de Brigitte Creton sur un parcours long 177 km, 3053 m D+

« … je suis appelée sur le podium , en tant que 1 ere … et seule de ma catégorie (ce qui me parait surprenant pour cette distance !) … me voilà avec une grosse coupe et une petite trousse de voyage remplie de produits de beauté … j’apprendrai plus tard qu’on était au moins huit de la catégorie C … et que tout simplement les suivantes, parties probablement plus tard n’étaient pas encore arrivées au moment du podium !

Sympa car c’est mon premier « vrai » podium sur l’Ardéchoise : j’ai été 3 ème de catégorie sur les Sucs en 2014 mais je n’étais pas arrivée, moi non plus, au moment des podiums. En 2015 … j’y suis montée mais c’était une erreur de l’organisation, car j’étais 4 ème … »

Avoir un présentateur qui valorise les femmes et les hommes différemment

En demandant quel était résultat d’une course, un présentateur n’a donné que les résultats hommes à une de nos contributrices.  À une remise de prix, les femmes se voyaient poser des questions dignes de l’École des Fans de Jacques Martin. Les hommes, eux, ont été interrogés par le même présentateur sur leurs performances, leurs améliorations par rapport à l’année antérieure, leurs capacités physiques et sportives, etc.

  • Résultat : sur le podium, le compétitrice féminine n’est pas valorisée par rapport à sa performance, à son chrono.
  • Solution : former et obliger les présentateurs à s’intéresser davantage aux féminines pour valoriser autant les hommes que les femmes et amener le public à en faire autant.

Faire beaucoup de photos d’hommes cyclistes et négliger les femmes cyclistes

Dans certains pack photos, on retrouve des hommes cyclistes en pleine action déployant toute leur puissance musculaire.  Les femmes se font nettement plus rares dans le pack ou elles apparaissent trop souvent, pieds à terre, à côté de leurs vélos. Les femmes cyclistes, tout comme les hommes, aiment se retrouver dans les photos de cyclo.

  • Résultat : il faut trop souvent chercher pour trouver des femmes cyclistes, sur de belles photos, en premier plan.  Bien sûr, si le photographe est une machine automatiquement déclenchée au passage de la cycliste, cela résout le problème mais on perd en qualité.
  • Solution : briefer le photographe pour prendre des photos de femmes cyclistes en action sur le vélo. Cela ne coûte pas plus cher et sur les réseaux sociaux, cela fonctionne tout aussi bien pour faire votre pub post ride.

Et vous, d’autres remarques par rapport aux pépites sexistes à améliorer lors des cyclosportives? N’hésitez pas à rouler en ELLES FONT DU VÉLO pour afficher votre détermination à faire évoluer les mentalités. Bien à vélo


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