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Alfonsina Strada, rebelle cycliste parmi les hommes

Alfonsina Strada

Alfonsina Strada, rebelle cycliste parmi les hommes

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Alfonsina Moroni puis Strada, la seule femme à avoir jamais couru et fini le Giro. Femme, cycliste pro, pionnière et féministe dans les années 1920. Tout d’une rebelle, tout d’un modèle.

La plupart des femmes extraordinaires ont souvent été effacées par l’Histoire. Car elles n’ont jamais eu la confiance qu’elles méritaient.

Cela est vrai dans les sciences, dans les arts et dans les sports. Or en plus d’avoir été brillantes, géniales, audacieuses, téméraires, visionnaires, intelligentes, intransigeantes, elles furent, souvent, des pionnières : pour leur genre, mais aussi pour la gent masculine.

C’est le cas d’Alfonsina Moroni, plus connue — comme souvent — sous le nom de son mari, Luigi Strada, graveur et ciseleur de métaux. Mais ce fut bien elle, la figure emblématique italienne du cyclisme féminin : Alfonsina Strada.

100 destins de femmes pour inspirer les petits et les grands, garçons et filles, enfants et parents

Histoires du soir pour filles rebelles par Favilli

J’ai découvert le personnage d’Alfonsina Strada dans un livre d’histoires que ma fille de six ans a reçu en cadeau de sa marraine (et je la remercie encore de ce cadeau-là, précisément) : Histoires du soir pour filles rebelles / Elena Favilli et Francesca Cavallo

Mieux que tous les livres de contes de fées, les destinées racontées dans ce recueil sont véritables. Pirates, scientifiques, espionnes, sportives, chanteuses, guerrières, reines, romancières… 100 femmes aux vies extraordinaires qui brisent les stéréotypes et encouragent filles et garçons à suivre leurs rêves.

Il y a quelques sportives dans le lot : Alfonsina Strada, Alicia Alonso, Amna Al Haddad, Ashley Fiolek, Lella Lombardi, Mary Kom, Maya Gabeira, …

Le diable, en jupon et à vélo

Alfonsina Strada découvre en vrai le vélo à l’âge de dix ans. Son père avait ramené cet engin moderne à la maison, après l’avoir échangé avec le médecin du village, contre quelques poules.

Mais la légende veut qu’Alfonsina serait née juchée sur une bicyclette tant sa détermination, sa fascination et sa passion pour le vélo furent entières, jusqu’au bout de sa vie. Et malgré les nombreux efforts de son entourage, à commencer par ses parents, pour l’en dissuader, ne se défit jamais de son désir de devenir cycliste professionnelle.

Alfonsina avait assez de caractère pour épouser un homme qui l’aimait pour ce qu’elle aimait : le vélo.

Ses parents crurent qu’un mariage l’en dissuaderait. C’était sans penser qu’Alfonsina avait assez de caractère pour épouser un homme qu’elle aimait — et qui l’aimait pour ce qu’elle était et pour ce qu’elle aimait : le vélo.

Femmes qui courent avec les hommes

Ainsi son mari lui offrit pour leurs noces … un vélo de course ! Résultat : la pionnière du cyclisme féminin italien se mit à l’entraînement encore plus sérieusement, pour rejoindre les professionnels.

Notons qu’elle fit ses premières compétitions (et de très bons scores) dès l’âge de treize ans. Et que très vite, elle voulut rejoindre les épreuves masculines tant les courses féminines lui étaient devenues trop faciles.

Elle n’était pas la seule du reste : à cette période, les femmes participaient régulièrement à des épreuves locales, masculines. Mais aucune n’avait encore osé s’inscrire à une course par étapes.

Le premier et le seul Giro, à jamais, pour une femme

En 1924, Alfonsina fut donc la première à s’inscrire au Giro d’Italia … La légende — encore elle — veut qu’elle se serait inscrite sous le prénom d’Alfonsin (sans o ni a) pour passer inaperçue dans les rangs. Tout le monde pensait qu’elle allait se retirer dès la première étape. C’était mal la connaître…

Elle s’en sortit très bien dans les 6 premières étapes. Victime d’une chute due aux conditions météo terribles dans la 7e étape, elle fut disqualifiée à la suivante, son accident de la veille l’empêchant d’arriver dans les délais. Mais les organisateurs avaient compris qu’elle suscitait curiosité et engouement.

Au terme de cette édition, 30 coureurs seulement sur les 90 au départ initial furent classés.

Elle contribua même vivement au succès de cette édition du Giro. Ils lui permirent donc de poursuivre et terminer la course, hors classement.  D’étape en étape, elle recevait un triomphe presqu’égal à celui des vainqueurs.

Chaque jour, elle prit le départ, au même titre que les autres coureurs — ceux qui restaient puisqu’au terme de cette édition, 30 coureurs seulement sur les 90 au départ initial furent classés.

Ce Giro-là, de 1924, fut le seule pour Alfonsina. Et aucune autre femme ne put jamais plus prétendre à en prendre le départ. Pas plus que celui d’une autre course professionnelle masculine.

Et la légende Alfonsina, à jamais, s’ancra

Mais Alfonsina avait fini d’ancrer sa propre légende. Forçant l’admiration de tous et de la presse, elle voulut ensuite profiter de sa popularité et essayer de gagner sa vie en pratiquant le cyclisme de compétition, en France, au Luxembourg, en Espagne, en Belgique, …

Il faut attendre 1925 pour que les femmes accèdent à des tenues confortables : pantalons courts et maillots, révélant ainsi galbe et genoux, qu’elles étaient contraintes de cacher auparavant.

Plus de 10 ans plus tard, en 1937, à l’âge de 47 ans, Alfonsina Strada remporte à Longchamp, le record de l’heure féminin, établi six ans plus tôt par la Française Louise Roger.

Ensuite, la Seconde Guerre Mondiale sonnera le glas de sa carrière, lui laissant près de 40 victoires, vraisemblablement, face à des hommes.

Bref retour sur les Records de l’heure féminins

Le record de l’ heure des femmes a été créé en 1893 par Mlle de Saint-Sauveur au Vél Buffalo à Paris, la mise sur une distance totale de 26,012 km (16,163 mi). Le record a été amélioré à plusieurs reprises au cours des prochaines années, jusqu’à ce que Louise Roger a atteint 34,684 km (21,552 mi) en 1897 également à Buffalo Vél. En 1911, Alfonsina Strada établi un nouveau record féminin de 37,192 km (23.110 mi). De 1947 à 1954, Elyane Bonneau et Jeannine Lemaire a établi plusieurs records de nouvelles heures, dont la dernière était 39,735 km (24,690 mi) par Lemaire en 1952. Le premier bilan d’heure des femmes approuvé par l’UCI était par Tamara Novikova en 1955.

Source : Wikipedia

Du cyclisme à la cause féministe

Au delà de sa carrière sportive, Alfonsina se battit également pour la cause féministe. Elle était l’incarnation même du fait qu’une femme est et doit être l’égale de l’homme. Bénéficier des mêmes droits et accès en sport, des mêmes tenues, du même matériel, des mêmes épreuves et avantages.

De battre le cœur d’Alfonsina, un jour de septembre 1959 s’arrêta. Elle revenait d’une course cycliste qu’elle était aller voir, en moto. A son retour, en remisant sa moto, le lourd engin lui tomba dessus. Elle fit une crise cardiaque.

Je suis la fondatrice et l’éditrice de ellesfontduvelo.com, et la cyclo-gimmick de la bande. 5 vélos (Bianchi, Canondale, Kona, Wilier et Brompton), mon coeur bat pour les braquets et le moulin. J’ai pratiqué beaucoup, un peu, passionnément. Ai procrastiné longtemps aussi. Et prépare un grand retour à mes premières amours: le vélo. Et plus particulièrement le vélo de route. Et le pliant. Et le weehoo pour mes enfants.

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Commentaires (2)

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    Isaduvelo

    Ma libraire me dit qu’il y a plusieurs tomes. Alors lequel est celui des cyclistines???

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