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Quand le bien manger est un acte militant

Quand le bien manger est un acte militant

La pratique sportive régulière suppose une attention à soi : discipline, repos, préparation mentale, hygiène de vie, alimentation … Ces choix font sens aussi pour nos proches, nos enfants, et notre environnement. Parlons-en.

On sait le rôle social, voire politique du sport, mais sait-on l’engagement social que peut aussi sous-tendre une alimentation saine ? Voyons voir …

Bien manger = moins, mieux consommer

Il y a deux revendications majeures aujourd’hui qui concernent la consommation et l’alimentation :

  • celle du désir de moins consommer (qui suppose aussi de moins produire et de moins gaspiller) et
  • celle du respect du vivant (bien-être animal, environnement, mieux produire, …).

Et donc ? Et donc cela démontre que manger ne se limite pas à ingérer des aliments. C’est faire des choix, assumés ou pas, plus ou moins conscients. Cela touche à notre santé, notre activité sportive, notre bien-être bien sûr, mais pas seulement.

Choisir une alimentation c’est aussi choisir des modes de production, de fabrication des produits qu’on avale. C’est donc faire des choix de société. Qui ont un impact au sens personnel et au sens plus large : sur notre mode de vie, sur nos proches, et donc sur la société.

La question « Quel est le sens d’une bonne alimentation ? » n’est pas uniquement une question personnelle. C’est un engagement collectif.

Le bien manger et le vivre ensemble …

D’ailleurs, il est impossible de choisir une « bonne » alimentation sans se questionner soi-même, bien sûr, mais aussi : son environnement. Ainsi, la question « Quel est le sens d’une bonne alimentation ? » n’est pas uniquement une question personnelle. C’est un engagement qui va au-delà de l’individualité : qui touche notre communauté toute entière.

Bien manger, c’est satisfaire tous les sens et davantage encore : l’être-ensemble, la santé et jusqu’au patriotisme. Et plus s’allongent les médiations, techniques, économiques et sociales de ce bien-être, plus il importe, contre toute évidence, de le déclarer naturel.

— In La cuisine est-elle un art ? Michel Melot, Médium 2011/3 (n°28).

Bien manger, un rôle modèle pour nos enfants

De la même manière que pratiquer une activité sportive est un engagement pour soi, mais aussi une pratique sociale et culturelle, l’alimentation est une pratique invidividuelle, sociale et culturelle.

Bien manger, c’est un engagement personnel, mais c’est aussi s’engager pour les autres et la société.

  • Pour les autres : Parce que nos pratiques et notre hygiène alimentaire concernent aussi nos proches, ceux qui mangent avec nous, au quotidien, en particulier nos enfants. Nous sommes leurs modèles. Nous devons être leurs modèles. Nous leur devons d’aligner nos valeurs et nos actes.
  • Pour la société : parce que la recherche d’une alimentation saine, équilibrée pour mieux, bien manger nous amène nécessairement à prendre position vis-à-vis du système actuel. Devons-nous, par exemple tolérer les additifs alimentaires, le faux fromage, la bolo de cheval, les pesticides ? Devons-nous accepter les mensonges de l’alimentation ultra-transformée ?

Manger de l’ultra-transformé, c’est accepter de payer un plat au poulet sans poulet et du poisson sans poisson.

3 comportements pour une alimentation « militante »

Il y a militantisme et militantisme, on s’entend. Pas question ici de faire brûler les barricades ou de faire péter les pavés. C’est même le contraire : on peut, au quotidien, avec de gestes simples s’engager et défendre une alimentation saine pour soi et bonne pour son entourage. Manger local, réduire ses déchets et sensibiliser nos enfants, par exemple.

  1. Manger local, manger bio, c’est un premier choix militant. D’ailleurs, c’est un comportement qui ne cesse d’évoluer. Car aujourd’hui on a tendance à privilégier l’alimentation durable à l’alimentation bio : manger local et de saison, et non transformé. Les aliments non transformés produits localement en en saison polluent 10 x moins que ceux qui ne sont pas locaux et de saison.
  2. Réduire drastiquement les aliments ultra-transformés, c’est un autre engagement personnel pour mieux manger, et un acte militant contre l’industrie alimentaire qui fabrique des « faux aliments » comme le clame le Docteur Anthony Fardet. Ces faux aliments représentent 80% des aliments vendus en supermarché …
  3. Eduquer nos enfants à la culture alimentaire familiale, voilà un autre, noble engagement. Il ne s’agit pas de les éduquer à bien manger en leur imposant des régimes alimentaires. Car ceux-ci induisent un comportement restrictif et, au final, à installer l’obésité. Non, éduquer ses enfants à une bonne alimentation, c’est les éduquer au goût, leur apprendre à associer alimentation et sensation. C’est aussi profiter des repas pour parler de soi, de ses émotions, de sa journée. C’est participer à la préparation des tâches et des repas, les éduquer à l’origine des aliments, des recettes, des outils et ustensiles de cuisine…

On le voit, faire des choix alimentaires et opter pour une hygiène alimentaire fait émerger du sens bien au-delà de notre individualité. De la même manière qu’on peut apprécier le vélo au-delà de la pratique sportive, mais aussi par choix d’une mobilité douce, on ne mange pas mieux pour son hygiène personnelle, mais, à son humble mesure, pour changer le monde.

 

Photo de Daria Shevtsova provenant de Pexels

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