Catherine Marsal: championne cycliste au féminin

Championne cycliste depuis son plus jeune âge, Catherine Marsal revient sur son parcours exceptionnel. Rencontre avec une passionnée de vélo.

Un palmarès qui impose le respect. Une carrière de championne cycliste, avec ses hauts et ses bas. Mais toujours la volonté de revenir, la force de repousser encore plus loin ses limites. Catherine Marsal raconte ses plus belles années de vélo et sa vision du cyclisme féminin.

D’aussi loin qu’elle se souvienne, Catherine Marsal a toujours fait du vélo: « Je viens d’une famille de 8 enfants. On était 6 à rouler. Nous habitions dans la banlieue de Metz. Mon père avait un mini van. Les week-ends, on partait en compétition, on mettait tous les vélos dedans! Il y avait un Marsal dans chaque catégorie et on raflait tout! De minime à junior, on ramenait toutes les coupes à la maison. »

Conquérante, Catherine enchaîne dès ses débuts les titres les plus prestigieux. « J’ai fait mes premières courses à 11 ans. Quand je suis passée en catégorie minime féminine, j’ai continué à courir avec les garçons et il m’arrivait encore souvent de les battre! » Elle devient en 1987, championne du monde sur route à Bergamo, en Italie, catégorie junior féminine – alors qu’elle n’est encore que cadette. L’année suivante, à 16 ans seulement, elle remporte de nouveau le titre junior sur piste, au Danemark.

En 1989, elle est de nouveau surclassée pour son premier championnat Elite à Chambery. « Alors que je suis encore junior, je finis 2ème derrière Jeannie Longo. Et en 1990, ma 1ère saison élite, je finis championne du monde sur route. » C’est une année incroyable pour la championne cycliste qui remporte toutes les compétitions: tour de l’Aude, tour du Texas, tour de Norvège, tour d’Italie, tour de la Communauté européenne, championne de France, championne du monde…

Se relancer avec un incroyable défi: le record de l’heure

Fatiguée peut être ou dépassée, Catherine Marsal connait alors un passage à vide. « Quand Leontien Van Moorsel est arrivée, je me retrouve souvent deuxième derrière elle. Je doute beaucoup. Les médias me mettent une pression énorme. Je vais mettre presque 3 ans à me retrouver, en me lançant, en 1995, le défi du record de l’heure»

Épreuve mythique s’il en est, avec le record détenu par Jeannie Longo depuis plus de 6 ans. Pendant 4 mois d’entraînement Catherine Marsal s’isole, ne vit que pour son objectif. « Je me suis entrainée entre janvier et avril. Tout le monde doutait de cette programmation car les records de l’heure se tentent plutôt après la saison. Mais je me suis entraînée très dur, des heures et des heures sur la piste… Et lors du dernier test que je fais en condition, 10 jours avant l’épreuve, je suis encore à 2 km du record! »

Pourtant, le jour J, Catherine Marsal enflamme le vélodrome de Bordeaux, alors rempli de 3000 personnes. « Devant tous mes amis, mes sponsors, je me dis que je n’ai plus le choix. Et ce jour a été magique! Je suis très bien partie, dès les premières minutes, j’étais en avance sur le record. 15 minutes avant la fin, j’ai senti un tel soutien du public que rien ne pouvait m’arrêter. Et je bats ce record de l’heure… Un moment de joie extraordinaire! »

Catherine, championne cycliste passionnée

Aujourd’hui, Catherine Marsal suit avec beaucoup d’intérêt l’actualité du cyclisme féminin: « C’est super ce qu’il se passe en France, avec Pauline (Ferrand-Prévot, NDLR) championne du monde. C’est quelque chose qu’on attendait tous depuis longtemps. Ces dernières années, il y avait beaucoup de talents et on attendait beaucoup de nos petites Françaises. Mais l’esprit d’équipe n’arrivait pas à éclore, il manquait encore un peu de cohésion de groupe. Et finalement, aux Championnats du monde de cyclisme sur route 2014 à Ponferrada, les filles ont fait une belle course d’équipe et ça a porté ses fruits! Certaines filles ont accepté de se sacrifier pour Pauline, de la protéger de tous les côtés, parce que c’était elle la plus forte. »

Et pour elle, cet esprit de groupe est primordial pour la réussite d’une équipe nationale: « Le cyclisme féminin c’est vraiment particulier. Les hommes, ils se font la guerre sur le vélo, puis ils vont boire un coup ensemble! Mais chez les femmes, ça ne se passe pas comme ça. On est teigneuses, rancunières. »

Car le sentiment de compétition est particulièrement intense dans les challenges féminins: « Il y a beaucoup moins d’argent investi par les sponsors dans le cyclisme féminin. Pourtant, on voit beaucoup moins d’abandon. Une nana qui se fait larguer, même à 10 minutes, elle continue, juste parce qu’elle veut franchir la ligne d’arrivée. On est plus sur la passion et aussi sur la fierté, l’orgueil. Alors que les hommes, ils voient ça comme un métier. Ils pensent déjà à la course du lendemain et à récupérer le plus vite possible! »

Une reconversion naturelle

Cette passion, Catherine Marsal a l’occasion aujourd’hui de la vivre pleinement. Depuis peu, elle entraîne en effet l’équipe féminine nationale danoise. Team Danmark, l’instance sportive danoise, a permis de financer ce projet jusqu’en 2020, jusqu’aux Jeux Olympiques de Tokyo. « On a une des meilleures équipes danoises depuis de nombreuses années, avec Amalie Dideriksen, championne du monde junior pour la 2ème année consécutive. C’est très positif de regrouper les filles au sein d’une petite équipe nationale. On essaie de créer cette cohésion qui fait la différence… Et surtout, j’adore la relation entraineur/entrainé. Je me sens comme un poisson dans l’eau. »

On leur souhaite en tout cas le meilleur et beaucoup de médailles, à l’image de leur coach de légende!

Retrouvez l’actualité de Catherine Marsal sur son compte Twitter 

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