Rencontre avec Séverine peu avant son 1er Paris-Brest-Paris, lors de la 77ième Semaine Fédérale 2015 à Albi.

Séverine, comptable, est entourée de cyclistes depuis longtemps. Mais elle n’a enfourché sa propre monture (un Peugeot en carbone) qu’il y a deux ans, après de longues années sans aucune activité sportive en tant que telle. Peu à peu, elle a pris goût aux longues distances.

Depuis quand t’es-tu passionnée pour les longues distances à vélo?

Je côtoie le monde du cyclotourisme depuis que je suis toute petite. J’étais très admiratrice. Le Paris-Brest-Paris, c’est vraiment un rêve de petite fille. J’ai plusieurs fois assisté mon père quand lui participait au Paris-Brest-Paris. Et puis Didier, mon compagnon – et grand amateur de vélo de route également – m’a lancé un jour: « Vas-y, toi aussi, fais du vélo si tu veux faire du vélo » et je me suis lancée.

1200 km à effectuer en un certain nombre d’heures… Parle-nous de ta préparation

Je suis « littéralement entrainée » à faire des longues distances à vélo. Tout mon entourage roule des 200 km très régulièrement. L’année passée, Didier, m’a fait rouler 5 fois 200 km et j’ai adoré. Puis, j’ai enchaîné les 300, 400, 600 et 1000. Généralement, je ne fais qu’une grande sortie par semaine, tous les dimanches matins car je travaille en semaine.

Au Paris-Brest-Paris, je serai seule à rouler, un véhicule d’assistance sera là pour me suivre. Didier participe aussi au Paris-Brest-Paris mais il partira plus tôt que moi avec le groupe de cyclistes qui vise les 65h.

Mon objectif est double: le finir et en moins de temps possible. Je vise 85h. En fait, tu peux difficilement savoir à l’avance quel sera ton temps car c’est fortement dépendant du vent et la météo, mon pire souci d’ailleurs.

C’est donc le goût du défi et l’adrénaline qui te fait faire des grandes distances en mode crescendo?

Oui, d’autant qu’au départ, mon objectif, c’était le brevet 400. J’avais commencé par un premier 200 dans notre club à Fleury. Puis, j’en ai fait un autre. On roule à 21 ou 22 km/h de moyenne, entre 10h et 11h, selon les conditions et les dénivelés.

Puis j’ai fait plusieurs 300 km, sans dormir, en un jour car sur 300 km on ne dort jamais. On part entre 3 et 5h du matin et on rentre le soir. Cela représente environ une quinzaine d’heures. Ensuite le 400 km de Chartes, soit l’objectif que je m’étais initialement fixé cette année.

C’était ma première nuit sur le vélo car on est parti vers 16h pour rentrer vers 13h15 le lendemain. On a donc roulé de nuit. Je l’ai fait avec Didier car je ne voulais pas passer la nuit toute seule. Sur le 400, on n’a pas dormi. Le lundi matin, au boulot, c’est parfois un peu compliqué…

Ensuite, j’ai fait un 600. On était juste entre filles, on est partie d’Angers. On avait emporté des couvertures de survie « au cas où » mais on a réussi à ne pas dormir. Par contre, on a fait de longues pauses et on a mis environ 35h20.

Pour récupérer, il faut compter une quinzaine de jours. Les lundis matins au boulot sont parfois un peu compliqués. Après le 600, j’ai posé des jours de congés.

Suite au 600, j’ai eu l’opportunité de faire un brevet 1000 le 14 juillet 2015 à Angers avec des gens chevronnés. J’étais très entourée pour cette très longue distance, les pauses repas et repos étaient bien calées. Une très belle expérience.

On avait calculé pour le faire en moins de 75h tel que le prévoit le BRM 1000 et on l’a fait en 74h20. Tout était calculé au millimètre. A Tours, à 120 km de l’arrivée, on avait décidé de prendre du repos pour ne pas s’entamer pour Paris-Brest-Paris qui débute le 15/08/2015.

Quelles sont tes grandes appréhensions sur le Paris-Brest-Paris?

Le dénivelé et puis surtout le sens du vent. Je n’ai pas d’inquiétude par rapport au sommeil car j’ai fait le 600 sans dormir et cela s’est bien passé aussi. Pour le reste, aucun souci.

Que comptes-tu manger lors du Paris-Brest-Paris?

Tu finis par remanger normalement au Paris-Brest-Paris. Contrairement aux petites distances telles qu’un 200 où tu manges des barres énergétiques. Sur la longue distance, tu reviens aux aliments basiques. En fait, les barres énergétiques à un moment, tu peux plus les voir.

Ma voiture assistance va me préparer de la soupe, des nouilles, etc. Et au PBP, contrairement au brevet 1000, tous les 80 km environ, il y a un point de contrôle avec de quoi t’alimenter et t’hydrater. Tu es vraiment bien encadrée. Or que, trouver de l’eau en pleine nuit lors de mon brevet 1000, c’était la galère d’autant que de nombreux cimetières ferment la nuit.

Séverine a terminé le Paris-Brest-Paris 2015 et elle est devenue contributrice du magazine Ellesfontduvélo. On vous invite à lire son premier récit du brevet 1000 en attendant le récit du PBP.


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