Rouler à vélo l'hiver

Rouler à vélo l’hiver n’est pas insurmontable.  Découvrez les conseils de Brigitte Creton, ultra cycliste, multi active et blogueuse.

Nous remercions Brigitte Creton pour la rédaction de cet article « rouler à vélo l’hiver ».

Rouler à vélo l’hiver: ne pas se tromper d’ennemi

Le véritable ennemi en vélo, ce n’est pas le froid, c’est l’humidité.

On trouve des vêtements très efficaces pour lutter contre le froid sec. En revanche, si l’on écoute les récits des cyclistes au sujet de « la fois où ils ont eu le plus froid », c’est presque toujours aux intersaisons que se situe l’anecdote, et la pluie en fait partie dans 95% des cas. Des saisons où le temps peut être capricieux et difficilement prévisible, et où l’on n’est pas toujours équipé pour l’imprévu.

Dans une eau à 15°C l’espérance de vie ne dépasse pas quelques petites heures … pourtant 15°C est une température agréable pour une activité physique !

Donc aucune raison d’appréhender une sortie en vélo sous le froid soleil d’hiver (bien sûr hors risque de verglas) … et bien sûr éviter la « pluie blanche » autant que possible (pluie mêlée de flocons, températures entre 0 et 5°C). Il est facile de se protéger contre le froid, presque impossible de rester sec par une forte pluie continue.

Apprivoiser le froid pour rouler à vélo l’hiver

On peut s’acclimater au froid, tout comme à la chaleur.

Beaucoup de cyclistes ont tendance à l’éviter (« moi je ne sors pas en dessous de 5°C » ) et attendent que le thermomètre remonte pour sortir. Pourtant les skieurs de fond s’entrainent à des températures bien plus basses !

En quelques sorties courtes à vélo, à basse intensité d’effort par température froide, on habitue l’organisme à mettre en route le « chauffage » et on n’éprouve plus de désagrément du au froid.

Constituer une réserve de chaleur avant de sortir

Avez-vous déjà essayé de vous rouler dans la neige après un sauna ?

C’est bien moins difficile qu’on peut l’imaginer. L’effet de la chaleur persiste après avoir eu un peu trop chaud … pendant quelques minutes et plus modérément pendant une demi-heure. Avant de sortir par température très basse (moins de 0°C), il m’arrive de m’habiller avec la veste d’hiver, le sous-casque, quelques minutes avant de sortir, et de boire une boisson chaude. Au bout d’un moment, sortir devient nécessaire, et le froid du dehors, une fraîcheur revigorante. Il ne reste qu’à m’échauffer en profitant de cet agréable effet … au bout d’une vingtaine de minutes, la chaleur générée par l’effort musculaire prend le relais.

Gérer la phase d’équilibre

Après les vingt minutes d’échauffement, on atteint une sorte d’équilibre avec l’extérieur.

Personnellement, à ce moment je peux retirer les gants sans avoir froid aux mains. Mes gants restent secs pour le cas où il y aurait une descente. On peut retirer ce qui est de trop (coupe-vent, cagoule) et qui génèrerait de l’humidité.

La phase d’équilibre peut durer plusieurs heures, mais elle peut également être interrompue par une chute de température extérieure (eh oui cela peut se produire en journée), l’effet du vent et surtout, une descente longue. Les descentes de plus de 15 minutes sont très difficiles à gérer par 0°C, et jamais très agréables … Il faut essayer d’adapter le parcours en fonction de cela.

Si on ne parvient pas à se réchauffer en bas d’une descente, il faut s’arrêter et réchauffer les mains en restant à l’extérieur (réchauffage trop rapide = douleur), et seulement ensuite il faut trouver un café et boire une bonne quantité de liquide chaud et sucré ! Les pieds restent parfois froids et peu sensibles tout au long de la sortie. Pour les réchauffer, il faut marcher un peu dehors. Mais les douleurs de l’onglée sont plus rares qu’avec les mains.

Absorber beaucoup de calories pour une longue sortie

L’hypoglycémie et l’hypothermie « marchent » souvent main dans la main.

Arriver à une bonne régulation thermique, et ne pas ressentir le froid, met en œuvre une énergie importante ; l’alimentation devra être en rapport si la sortie est longue. L’hypoglycémie et l’hypothermie « marchent » souvent main dans la main : manquer de carburant rend sensible au froid, et la lutte contre le froid consomme de l’énergie.

C’est le moment de consommer des flans pâtissiers, des tartes aux noix, des crêpes … l’arrêt boulangerie-pâtisserie est même conseillé si vous devez passer la journée dehors par temps froid !!! Rouler à vélo l’hiver, dans le froid, vous fait brûler plus de calories.

Pour l’hydratation, il est parfois difficile de boire assez : eau trop froide ou gelée, points d’eau fermés … là encore il faudra parfois faire fonctionner le commerce local pour boire chaud toutes les 3-4 heures. On trouve des petites thermos qui se mettent dans le porte bidon ; certes il faut s’arrêter pour boire, mais on peut boire chaud. En général, la température s’élève en journée à 6-8°C et dans ce cas il n’y a pas de souci. Si elle reste négative sur toute journée de vélo, ça reste éprouvant. Heureusement, c’est rare.

L’après « sortie glaciale » doit associer douche chaude, boisson chaude … et goûter (une consommation frénétique limite boulimie suit parfois une longue sortie froide !!! Elle témoigne juste de la déperdition calorique … )

Suivre la météo avec attention

Le premier risque du vélo hivernal, c’est le verglas, pas le froid.

On peut tomber sur du verglas par 8°C … si la nuit précédente a été froide et qu’on traverse une zone humide. C’est donc les températures nocturnes, les pluies des jours précédents dont il faut être averti pour éviter le verglas.

L’observation fait le reste : les secteurs exposés au vent sont souvent peu dangereux, par exemple … Les endroits que l’on a trouvé frais et humides en été, peuvent devenir des pièges en hiver. Le givre peut être glissant … ou pas, selon le revêtement de la route.

Il m’est arrivé de descendre de vélo et de toucher le sol pour voir s’il y avait un risque ou pas ! Dans certaines régions, on ne peut pas du tout rouler l’hiver, dans d’autres, on y arrive presque toujours en adaptant son parcours.

Pour ce qui est des prévisions, en général, une vague de froid se prévoit avec une bonne fiabilité dix jours à l’avance. Par contre, les épisodes neigeux ou les pluies sont bien plus difficiles à cerner.

Attention au temps couvert qui diminue la visibilité en hiver, on se retrouve presque avec des conditions nocturnes à 16h ou 16h30 : il faudra toujours avoir au minimum un gilet et un feu arrière en état de marche.

Et vous, des conseils à partager pour rouler à vélo l’hiver? Nous remercions Brigitte Creton pour la rédaction de cet article.


5 commentaires à propos de “Rouler à vélo l’hiver, c’est … Voici les conseils de Brigitte Creton”

  1. Anne Haycraft dit :

    Merci Brigitte pour ton article très instructif … et fort à propos. Lu juste avant de faire une sortie à vélo qui s’annonce froide et ventée …
    J’ajouterais juste que des petites chaufferettes individuelles peuvent être glissées dans le gant ou dans la surchaussure. C’est un petit sachet qui une fois ouvert produit de la chaleur quelques heures.

    Tes conseils vont être appliqués à la lettre !

  2. GUEDON Lysiane dit :

    Bonjour
    On peut placer son bidon dans la poche arrière du maillot sous la veste.
    La boisson reste très buvable comme ça

  3. Brigitte dit :

    Super tout le monde rajoute de bonnes idées 😉
    Il y a beaucoup à dire sur ce sujet … depuis février 2012 il n’a presque jamais fait froid ici et du coup je n’ai pas enrichi mon expérience du froid !!! Même pas utilisé de moufles, de cagoule l’an dernier et à peine les gants …

  4. Vercruysse dit :

    Merci Brigitte pour ces conseils ,j’aimerai souligner le plaisir de rouler dans une neige fraiche et le danger des ornieres de neige verglassées Bonne route

    1. En effet, le verglas est un risque. La prudence est de rigueur. Bien à vélo!

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