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Étape du Tour 2018 : récit des rencontres et de la course

Étape du tour 2018

Étape du Tour 2018 : récit des rencontres et de la course

Récit de l’évènement Étape du Tour: les rencontres #EFDV la veille et la course avec les milliers d’autres cyclistes

Samedi 7 juillet : RDV au village de l’Étape du Tour

13h avec Anais, nous avons rdv pour une ride Mavic avec Nicolas Roux et Franck Schlek. Une sortie mise en jambes pour demain. Comme d’habitude, nous profitons de la bonne humeur du groupe et faisons de nouvelles rencontres.
Vu le nombre de personnes sur cette épreuve, j’avais proposé deux rdv photo Elles font du vélo. Un à 15h et un à 16h devant le stand Mavic. De nouvelles rencontres, nous espérons nous revoir sur l’étape le lendemain.


Retrait des dossards. Visite des stands. Passage chez Btwin pour les saluer. L’après-midi passe hyper vite.

Dimanche 8 juillet 2018 : départ de l’Étape du Tour

6h15 ça y est je suis dans mon SAS Étape du Tour

C’est avec les résultats de tes années précédentes qu’est désigné ton sas de départ. Je suis dans le 8. Mon départ est prévu pour 7h30. Anais est dans le sas 12, je sais qu’elle va me remonter avant la Roche sur Foron. Je retrouve par le plus grand des hasards, Vanessa avec qui j’avais fait le départ et l’arrivée de l’étape du Tour 2017. Elle vient du Luxembourg. Quelle surprise de nous revoir là. Nous en profitons pour réviser nos leçons et se remémorer les km de chaque col et leur difficulté. L’heure approche. Les sas devant nous partent toutes les 7 minutes 30. Ca y est, on s’avance. Nous rentrons tout doucement dans le sas de départ. J’ai pu me faufiler devant par chance, je suis juste sous l’arche. La musique te met dans l’ambiance.

Le rituel de départ qui te met des frissons

La voix du présentateur retentit :
« Lève la tête. Redresse-toi. Respire profondément. Et repense à tous les efforts que tu t’es infligés pendant des mois pour être ici. Pense à tes proches qui t’encouragent et croient en toi. Ce sont plus de 100 ans de l’histoire du tour de France qu’il faut regarder qui ne demandent qu’à t’accueillir parmi tous ceux qui ont eu, un jour, la folie de se lancer parmi les siens. Tu peux le faire ! Rdv au Grand Bornand ! »
Tout est conditionné pour faire de toi le héros d’un jour. Te mettre à la place d’un pro.

Et c’est parti, le départ nous est donné.

Ça roule vite au début le long du lac. Il faut se gérer la journée va être longue. 169km nous attendent avec plus de 4000m de dénivelé positif. Il faut trouver le bon peloton qui va m’emmener au pied de la première difficulté sans trop d’effort. J’ai trouvé un gars qui roulait avec une bonne allure régulière. Je n’aime pas trop les gars qui roulent en élastique, cela fatigue les variations d’allure. Il m’a emmenée jusqu’au pied de la côte de Talloires. Je l’ai remercié. Une moyenne de 35km/h sans avoir poussé une seule fois sur les pédales. Parfait !

Première difficulté, la côte de Talloires

Cette petite côtelette qui a son petit passage à 16% de bonheur passe bien mais la foule me fait peur pour la suite. Il faut rester concentrée et vigilante. S’en suit la Côte de Gruffy passe de même. Je suis surprise de voir déjà des personnes marcher dedans ou s’arrêter pour souffler. Il y a eu tellement d’articles sur cette terrible étape qui mentionnaient bien que cette épreuve était hyper difficile que le braquet devait bien être adapté. Les difficultés s’enchainent.

Arrive le Col de la Croix Fry

Col de 13km avec 6.58% de moyenne et le km 7 et 8 à plus de 9%. Ma gestion de l’effort continue. Je me repasse en boucle : « Arrivée fraiche au pied du Col de Romme ».
Les portions les plus raides passent très bien mais la proximité des coureurs ne me rassure pas. Je sais que dans le prochain col, la route sera étroite. Je garde confiance.
Nous arrivons à La Clusaz et redescendons vers Entremont. Tout le parcours est décoré aux couleurs du Tour de France, on s’y croirait presque.

Montée des Glières de l’Étape du Tour

Ouah ! Ça y est, nous sommes dans le vif de la partie mythique de cette étape. 5km à 11.6% avec des passages à 18%.
La route est étroite. Certains zig-zag.
C’est hyper dur psychologiquement de rester concentrée sur les autres. J’essaie de me créer une bulle de protection. Beaucoup de panneaux indiquent qu’il faut serrer à droite. Entre les anglais qui roulent à gauche et ceux qui font ce qu’ils peuvent, faut doubler comme on peut. Avec les prénoms sur les dossards, il est facile de communiquer.
Ça ressemble à : « Bon Hervé, tu vois bien que t’avance pas, alors serre à droite ! » J’ai crié plusieurs fois dans cette montée des Glières pour arriver là-haut sans problème. J’en ai vu beaucoup marcher. J’en ai entendu tomber. Mais c’est passé.
Le sommet a un gout de victoire. Le plateau est magique. Le passage en gravelle se passe bien. Je n’ai pas crevé en route. De toute façon, il y a avait un centre d’assistance Mavic au bout si quelques-uns avaient des problèmes. Je regarde ce gros monument blanc. Je pense à l’histoire de ce lieu. Cette étape est magique.


La descente est dangereuse. Je ne roule pas vite en descente depuis le début. Les coureurs me font peur à doubler de tous les côtés. J’ai vu un vélo encastré dans un garde-fou, le cycliste quelques mètres plus bas s’est fait héliporté. Je reste prudente. Je préfère assurer la sécurité et de poursuivre ma saison que prendre des risques inutiles. Je vois le papa d’Anais descendre, je l’appelle. Il ne m’entend pas. Au bout de quelques minutes, je tourne la tête et je vois Anais, je l’appelle et nous sommes trop contentes de nos retrouvailles.

Ce week-end avec l’Étape du Tour a simplement été magique ! 169 km 4000d+ 7h51 3424/12158 ✨✨✨ D’abord, un ride le samedi, au bord du lac d’Annecy avec @maviccycling @rouxnicolas_cycling @fschleck La route pour nous, photographe, moto… comme les pro ! 😄 Puis les deux rdv photos avec @ellesfontduvelo ! Maintenant c’est devenu un rituel… Je sais que je dois faire mon plus beau sourire ! 😉📸 Dimanche, enfin le grand jour ! Je pars SAS 12, mon papa est avec moi, il a reculé son départ pour qu’on puisse faire la route ensemble ! C’est super chouette de pouvoir partager ça ! ❌ Col de La Croix fry ça passe tranquille, une super ambiance au bord des routes ! ❌ Col des Glieres ça passe aussi ! Mais une route étroite, des cyclistes qui marchent, d’autres qui tombent en peloton ! Je pense tout le long à mon grand père qui avait fait une course là-haut puis à ce lieu historique, c’est émouvant ! ❌ Col de Romme, ça passe mais cette fois des douleurs sous les pieds… j’en pleure 😭 ❌ Col de la Colombiere le mental est là car je sais qu’il reste 15km et que ça va passer ☺ !! Bravo à mon papa qui s’élançait avec une contracture musculaire au dos… et qui a résisté malgré des crampes 💪💪 Au ravito de ma maman, où Jeremy était encore présent ❤❤ A @ironmanforgirl pour sa belle course et ses conseils ! Une suite prometteuse ! 😊. #ellefontduvelo #canyonbikes #etapedutour #ekoi #mavicpro #assosfrance

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Je rejoins Thorrens Glières et je sais que le ravito de Jean-Lou est là. Je suis contente de voir Aude. Elle me passe mes bidons et me donne un petit pot de riz au lait fabriqué par ses soins. Une fois refaite je reprends la route par le Col des Fleuries. Un col relativement facile.
C’est sûr qu’après avoir passé les Glières, tout semble plat. Je pense à mon super vélo Time. C’est un Fluidity, il a pour mérite d’être un vélo endurant. Il est vrai que le confort est optimal et que je ne sens pas le temps passer dessus. J’écrirai un article très prochainement dessus.

La descente passe mieux. Je me sens plus en confiance. La partie roulante de la Roche sur Foron à Cluses est pénible. Je me retrouve un moment toute seule et dans le dur. Je n’avance pas sur le plat. Un peloton me remonte, je fais l’effort de le raccrocher pour ne pas rester seule. Et du coup, les km défilent plus vite.
Arrivée à Vougy, la maman d’Anais et son copain nous attendent pour nous ravitailler. Je bois frais et remplis mes bidons, mange un petit sandwich et repars. (Merci 1000 fois pour ce ravito de bonheur !). Je reprends la route et j’arrive au pied du col de Romme au km 130 et comme prévu, je suis fraiche !

Le col de Romme

Ce col n’est pas très connu mais il aura le mérite d’avoir fait peiner de nombreux coureurs. 9km30 d’ascension avec 8,76% moyen avec des passages à 12.5%. Les deux premiers km sont terribles, ils ressemblent aux Glières. Nous l’avions reconnu avec Anais quelques semaines avant.


J’avais fait la promesse que si je ne mourais pas dedans, je ne dirais pas de gros mots pendant une semaine. En fait, il passe tout seul. J’admire la prise de hauteur, le paysage, les couleurs…

Nous l’avions voulu cette Étape du Tour

J’encourage les gars autour, beaucoup souffrent. Et ça marche encore pas mal. Je leur suggère de voir le côté positif de la situation.
Nous l’avions voulu cette Étape du Tour. Nous avons signé pour ses difficultés, le parcours n’est pas une surprise. Dans la vie, tu as toujours le choix. Ici, tu as le choix de subir ton épreuve au risque que le temps passe vraiment doucement dans ta souffrance ou alors tu vois l’aspect positif et tu profites de ton étape.
Pas facile pour certains, c’est dommage, je trouve. Les gens encouragent au bord de la route. Certains disent : « allez mesdames, allez les filles ! » Oui, nous ne sommes pas nombreuses. Je n’en ai pas vu passer beaucoup. 6% sur 16000 personnes, ça fait peu.
J’en profite pour leur répondre : « encouragez les gars plutôt car ils font la gueule, moi ça va merci ! » Alors comme le col de Romme est passé tout seul… ben, je ne dois pas dire de gros mots pendant une semaine. Bordel de merde ! La descente se passe bien, je rejoins le reposoir plein de monde et bizarrement, tout le monde est calme. Pas un bruit. Je dis tout fort : « Ben y’a d’l’ambiance içi ! » En fait, elle était plus loin l’ambiance.

Col de la Colombière

Il fait chaud. Je n’ai plus beaucoup d’eau. Je sens que ça va être limite pour les 7km d’ascension. Je vais m’arrêter au ravito. Sauf que quand j’ai vu la tonne de monde agglutiné pour quelques gouttes de breuvage, j’ai repris la route. J’aurais perdu au moins 20 min à faire la queue. Je m’arrête près du public et demande à un couple s’ils peuvent me faire remplir le bidon au restaurant juste derrière eux. Le monsieur revient avec le bidon rempli d’une eau super fraiche. Quelle bonne idée j’ai eue. J’attaque mes 7 derniers km de montée. Un quad passe à fond la caisse en nous frôlant. J’ai su le soir qu’il n’avait rien à faire là et qu’il avait percuté un cycliste. C’est n’importe quoi, surtout quand la route est fermée au public.
Une dame sur le bord de la route m’encourage et me dit que j’ai des jolies chaussettes. (Collection EFDV). Ça me fait rire. Je me sens bien.

Pauline, je la connaissais des réseaux sociaux

J’aperçois Pauline que j’avais rencontrée la veille au rdv EFDV. Je la connaissais des réseaux sociaux. J’étais contente de faire la connaissance de ce chouette petit bout de nana. On discute et je file.

La fin n’est pas loin.

Les derniers km le long de la falaise en plein soleil sont éprouvants. Mais la fin n’est pas loin. Je décompte les km sur mon compteur. Je regarde cette serre file de coureurs qui mène jusqu’au chalet du sommet que l’on voit au loin. Je dis tout haut : « ouah comme c’est beau toutes ces personnes qui ont passé des heures à s’entrainer. »
Le dernier km à 11% de moyenne est dur mais j’ai le sourire. J’ai regardé tout le long le paysage. J’ai encouragé les coureurs. Je n’ai regardé que le positif sur toute l’étape : le paysage, la joie d’être sur cette épreuve, les jeux de lumière, le partage avec les autres,… Une belle aventure quoi.

Passer ce sommet de la Colombière a un goût de ligne d’arrivée.

Je suis heureuse. Je pleure de joie. Je pense à toutes ces personnes qui me soutiennent et croivent en moi.

  • Je pense à mon entraineur Jean-Lou Paiani qui m’a fait super progresser et m’a permis de faire une aussi belle épreuve sans souffrir (bravo à toi qui a mené la tête de course jusqu’au col de Romme et qui termine 7ème de cette terrible étape !).
  • Je pense à cette folle aventure d’Elles font du vélo et toutes ces belles rencontres que je fais.
  • Je repense à cette dernière cyclo Grand Trophée que j’ai dû abandonner à cause d’un souci sur ma roue.
  • Je suis fière de ce que je deviens de jour en jour grâce au sport.
  • Fière de cette confiance qui se consolide en moi à chaque nouvelle course.
  • De ce vélo magique qui m’emmène au bout du monde.

Mes larmes coulent toutes seules, ce sont des larmes de joie. Je regarde la descente et admire la beauté du paysage. Je tourne la tête, je regarde la pente. Cette pente que je vais bientôt remonter sur une prochaine course. « La Colombière, je reviens dans quelques jours pour te gravir dans l’autre sens. Et quel défi cela fera encore. »

J’arrive au Grand Bornand.

Je rentre dans le couloir d’arrivée. Je salue le public comme une enfant tellement je suis heureuse d’arriver ici. J’ai entendu quelqu’un m’appeler par mon prénom mais je n’ai pas vu qui c’était. (Suite au récit : manifeste-toi).
Je franchis la ligne d’arrivée en 8h34 ! Heureuse de mon chrono. Soit 8h17 de vélo, le reste est pour mes arrêts ravitaillement.

Derrière la ligne d’arrivée de l’Étape du Tour

Je retrouve Christine, contributrice elle aussi EFDV, avec qui nous faisons une jolie photo. Je retrouve Anais. On se prend dans les bras et on se serre fort. Nous partageons tellement toutes les deux. Se voir grandir ensemble à travers le sport est trop beau.
Une belle Étape du Tour qui m’encourage pour le reste de la saison. À très vite sur la Grimpée du col du Pré du 17/07/18 et au Time triathlon de l’Alpe d’Huez avec Christine !

Indépendante, maman, ironwoman et accro aux cyclosportives ! Novice il y a 7 ans, cette passion prend une très grande place dans ma vie aujourd’hui. J’encourage et motive les filles à franchir le cap de la compétition et se dépasser pour leur prouver que, pour nous les filles, tout est possible ;)

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