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Le film “2 secondes", la course après le temps

Manon Briand, réalisatrice québécoise du film “2 secondes”, nous confie sa vision et son intention de créer un film où le vélo est star.

Le film “2 secondes", la course après le temps

Manon Briand, réalisatrice québécoise du film “2 secondes”, nous confie sa vision et son intention de créer un film où le vélo est star.
Manon Briand est la réalisatrice québécoise du film “2 secondes”, produit en 1998. Présenté au Festival des Films du Monde de Montréal, il lui a valu 3 prix dont celui du Meilleur Premier long métrage. Manon Briand nous raconte le contexte qui l’a poussée à réaliser ce film.

“2 secondes”, le vélo comme métaphore

Le film raconte l’histoire de Laurie (diminutif de Laurence), cycliste professionnelle, forcée de se reconvertir pour deux secondes perdues lors d’une compétition. Elle devient alors coursière et entame un cheminement entre la réparation de son vélo et une amitié avec Lorenzo, un mécanicien grincheux mais attachant.
“2 secondes” présente le parcours d’une femme à vélo, mais le réel sujet est plutôt l’allégorie du temps et l’acceptation des différences. Passionnée par le monde du vélo, le sujet fait sens pour Manon Briand: “le monde du vélo était en soi un microcosme coloré, donc hautement attirant” nous confie la réalisatrice.

Créer des films, inventer des histoires

On peut se demander quel message réside derrière ce film. Même si Manon Briand n’apprécie pas trop cette idée: “Je déteste cette idée de ‘faire passer un message’. Je ne fais pas de cinéma pour cela. Je fais d’abord des films pour inventer des histoires, pour émouvoir et possiblement, divertir de façon intelligente.
Mais la volonté intrinsèque et inconsciente de la réalisatrice est surtout de créer un film rassembleur, réconciliant les différences.”Je dis “inconsciente” car dans le fond, j’ai écrit d’abord pour m’amuser avec les idées, le sujet et la forme, avec une volonté finale positive et joyeuse, ce qui m’a conduite là. Sans vraiment le chercher.”

Réconcilier les différences

Dans le film, Manon Briand traite de l’acceptation des différences à travers le “paradoxe des jumeaux.” La réalisatrice québécoise nous explique la théorie d’Einstein: si on sépare des jumeaux identiques, un étant envoyé dans l’espace et l’autre restant sur terre et qu’on les réunit après 30 ans, ils ne se reconnaitront plus. Celui sur terre aura vieilli alors que celui de l’espace non.
Manon s’est basée sur cette représentation à travers les deux personnages phares du film: “J’ai donc fait rencontrer ces deux personnes de générations différentes, Laurence et Lorenzo, antagonistes et diamétralement opposées au départ, pour ensuite les réconcilier sur les bases qu’ils sont -dans le fond- tout à fait semblables.

Charlotte Laurier, une actrice convaincante

L’actrice principale du film, Charlotte Laurier, “n’avait aucune expérience notable sur un vélo, autre que celle de n’importe quel enfant ayant grandi au Québec “ ajoute Manon Briand. “ Cependant elle avait des jambes de sportive, car elle s’entraînait à la course depuis quelques années. Cela a suffit à me convaincre.
L’actrice s’est alors entrainée 3 heures par jour durant 2 mois pour arriver sur le tournage avec cette assurance convaincante. La scène de descente des escaliers en est le meilleur exemple, réalisée par Charlotte elle-même!
Manon Briand prend son travail de réalisatrice très à coeur. Elle tente au maximum de guider et rassurer ses acteurs: “j’essaie de les emmener dans un territoire où ils se sentent suffisamment en confiance pour pouvoir s’abandonner au personnage.

Manon Briand, cycliste urbaine invétérée

Le vélo est un outil bien familier pour la réalisatrice. Pratiquant le vélo depuis toute petite, elle essaie d’éviter au maximum de prendre la voiture en ville. En tant que vraie adepte de la selle, elle possède 3 vélos: un de montagne, un de route et un de ville. “J’aime rouler sur de longues distances, grimper des pics, et surtout, me plonger dans la frénésie urbaine. À Montréal, je fais pratiquement tous mes déplacements à vélo. Sinon je marche.
Pour Manon Briand, le vélo urbain reste son activité préférée. Parcourir les villes à vélo offre une découverte plus riche que le tourisme-piéton: “Je reviens de New York avec mes frères et nous avons sillonné les rues et les parcs de Manhattan pendant des heures. Manoeuvrer en pleine heure de pointe parmi les taxis, les piétons qui arrivent de partout et la circulation rugissante est une expérience totalement grisante.
Aujourd’hui Manon Briand s’est lancée dans des projets totalement différents. Elle ne prévoit pas de traiter à nouveau du vélo comme sujet principal mais “bien sûr, il y en aura sûrement encore dans mes films, puisque cela fait partie de mon environnement naturel.
Et vous, vous en avez pensé quoi du film « 2 secondes » de Manon Briand?

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