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Le vélo, une lecture sociale et du genre

Découvrez l’interview de Florence Padié, permanente à l’association "Pignon sur Rue" et auteure de l’article "Le vélo a-t-il un sexe"?

Le vélo, une lecture sociale et du genre

Découvrez l’interview de Florence Padié, permanente à l’association « Pignon sur Rue » et auteure de l’article « Le vélo a-t-il un sexe »?
Florence est permanente dans l’association “Pignon sur rue”, le portail de l’actualité vélo en France qui propose aussi des activités propres comme le vélo-école.
Grâce à sa connaissance et son expérience du terrain dans l’association, Florence aborde le vélo à travers une lecture sociale et du genre. Son article de 2012 « Le vélo a-t-il un sexe », voulait ouvrir le débat et “aborder le vélo sous un autre angle que la question des aménagements cyclables, les signalétiques directionnelles et les politiques cyclables.” Sa lecture se vérifie encore aujourd’hui.

Le vélo, outil de différentiation de genre et culturelle

Florence part d’un premier constat: le monde du vélo reste très masculin, tant par ses représentants ou militants; alors que de plus en plus de femmes font du vélo urbain. Selon Florence, “le vélo peut aussi être vu comme un véritable outil d’émancipation et un miroir révélateur des rapports sociaux hommes/femmes.”
Notre interlocutrice constate aussi que la socialisation à la mobilité est différente en fonction du sexe et selon le pays d’origine. Elle prend comme exemple le film Wadja (2012) qui raconte l’histoire d’une jeune fille d’Arabie saoudite qui cherche à s’acheter un vélo dans un contexte masculin. “On s’aperçoit qu’apprendre à faire du vélo est marqué par les origines sociales et culturelles. On le voit quand on interroge les femmes qui viennent au cours de vélo-école de Pignon sur rue. Elles nous confient qu’on a appris à leur frère à faire du vélo mais pas à elle car elles sont des femmes”.

Le vélo pour l’émancipation et l’estime de soi

Le lien entre le vélo et l’émancipation de la femme est également évident aux yeux de Florence. Que ce soit au niveau vestimentaire avec l’arrivée du pantalon ou concernant le périmètre de mobilité des femmes. “A pieds, les lieux et endroits traversés au quotidien sont réduits. Mais si le vélo devient le mode déplacement au quotidien, le périmètre va augmenter. Cela joue sur la liberté, l’employabilité et la sociabilité des femmes”.
Florence a pu l’observer sur le terrain dans les cours de vélo-école dispensés par l’association Pignon sur rue. Le public cible est surtout des groupes de femmes qui se déplacent à pieds ou en transports en commun et qui dépendent d’horaires contraignants. Après un cycle de séance de vélo-ecole, elles se mettent à pédaler plus régulièrement. “Le fait d’apprendre à faire du vélo déclenche quelques chose, même sur l’estime de soi. Elles se montrent à elles-mêmes qu’elles en sont capables”.

La démocratisation du vélo au féminin

Les filles ont mis en places des schémas d’aménagement pour démocratiser la pratique du vélo. Elle devient commune et dans les villes, l’écart entre l’utilisation masculine ou féminine se réduit. Rouler à vélo n’est plus une pratique militante, alternative mais devient paritaire et plus équitable.
En parallèle de la pratique classique du vélo urbain et féminin, d’autres niches se développent et restent majoritairement masculines. On pense par exemple au vélo couché ou au polo-bike. Florence a l’impression que « ces nouvelles pratiques qui se créent à la marge, sont réinvesties surtout par les hommes. Comme une manière de continuer de s’affirmer et de préserver une activité bien à eux« .

Le vélo, rattrapé par la mixité

Florence questionne ces pratiques masculines minoritaires: “ne finissent-elles pas par être rattrapées par la mixité?” Elle prend en exemple les ateliers de réparation vélo que l’on retrouve de plus en plus en France. On associe souvent la mécanique vélo au genre masculin. C’est pourquoi des permanences de mécaniques non mixtes sont proposées, uniquement pour les femmes. Ces ateliers tentent de baliser les informations sur les outils et manipulations à destination d’un usage féminin, pour une utilisation à l’égal des hommes!
Et vous, quelle est votre lecture sociale du vélo? Partagez votre point de vue sur le deux roues!

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